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Théories de l'apprentissage : La
pensée éducative de Frederick
Skinner sous une perspective
scientifique
Andrea Mercedes Alvarez Rubio ; Juan Carlos
Rojas Cachay ; Katty Veronica Diaz Callacna ;
Manuel Baltasar Sarango Ibañez ; Luis Leiva
Cilio ; Carolina Montes Lizárraga ; Isidora
Concepción Zapata Periche
© Andrea Mercedes Alvarez Rubio ; Juan
Carlos Rojas Cachay ; Katty Veronica Diaz
Callacna ; Manuel Baltasar Sarango Ibañez ;
Luis Leiva Cilio ; Carolina Montes Lizárraga ;
Isidora Concepción Zapata Periche, 2026
Première édition (1ère éd.) : janvier, 2026
Édité par :
Editorial Mar Caribe ®
www.editorialmarcaribe.es
Avenida General Flores 547, 70000 Colonia
del Sacramento, département de Colonia,
Uruguay.
Conception de la couverture et
illustrations : Isbelia Salazar Morote
Livre électronique disponible sur :
https://editorialmarcaribe.es/ark:/10951/is
bn.9789915698571
Format : Électronique
ISBN : 978-9915-698-57-1
ARK : ark :/10951/isbn.9789915698571
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Editorial Mar Caribe
Théories de l'apprentissage : La pensée éducative de
Frederick Skinner sous une perspective scientifique
Colonia, Uruguay
2026
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Sommaire
Introduction ...................................................................................................................... 5
Chapitre I .......................................................................................................................... 8
Stimuli discriminatoires et comportements volontaires et involontaires ................ 8
1.1 Répertoire discriminatoire. ............................................................................. 19
1.2 Configurez selon le modèle. ........................................................................... 20
1.3 Compétences musicales à l'oreille ................................................................. 22
1.4 Attention ........................................................................................................... 27
Chapitre II ....................................................................................................................... 35
Perception et contrôle des stimuli ............................................................................... 35
2.1 Contrôle environnemental.............................................................................. 35
2.2 Analyse des stimuli ......................................................................................... 37
2.3 Discriminateurs ................................................................................................ 40
2.4 Abstraction ........................................................................................................ 41
2.5 Contrôle du stimulus....................................................................................... 43
2.6 Le stimulus pour l'interpréter ........................................................................ 46
2.7 La privation et la satiété .................................................................................. 48
2.8 Besoins ............................................................................................................... 50
2.9 Le Drive n'est pas un stimulus ....................................................................... 52
2.10 La motivation n'est pas un état physiologique .......................................... 54
2.11 Le moteur n'est pas un état physique ................................................................ 55
2.12 Quelques questions sur le Drive .................................................................. 57
Chapitre III ...................................................................................................................... 65
Motivation et apprentissage : schémas de comportement ...................................... 65
3.1 Émotion et prédisposition .............................................................................. 68
3.2 Réponses émotionnelles .................................................................................. 69
4.3 Processus émotionnels .................................................................................... 71
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3.4 Comportement aversif ........................................................................................ 78
3.5 Stimuli aversifs conditionnés .............................................................................. 81
3.6 Utilisation pratique des stimuli aversifs ............................................................. 81
Chapitre IV...................................................................................................................... 85
Association entre stimuli, évitement et anxiété ......................................................... 85
4.1 Anxiété anticipée ............................................................................................. 89
4.2 Traits de personnalité et de comportement ................................................. 90
4.3 Différences de variables .................................................................................. 91
4.4 Les traits ne sont pas des causes .................................................................... 98
4.5 Simplification is excessive ............................................................................ 100
4.6 Effets multiples d'une seule variable .......................................................... 101
4.6 Causes multiples ............................................................................................ 105
4.7 L'utilisation pratique de la causalité multiple ........................................... 110
Conclusion .................................................................................................................... 114
Bibliographia ................................................................................................................ 117
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Introduction
La figure de Skinner (1904-1990) se dresse comme l'un des piliers
fondamentaux de la psychologie du XXe siècle, occupant une position d'influence
que la littérature académique place souvent seulement derrière Sigmund Piaget,
voire le surpassant en termes d'impact empirique sur la pratique éducative et
clinique. Son approche, appelée béhaviorisme radical, n'était pas seulement une
théorie de l'apprentissage, mais aussi une philosophie de la science visant à
redéfinir la nature humaine et les institutions sociales par l'analyse expérimentale
du comportement. D'un point de vue scientifique, la pensée de Skinner se
caractérise par un rejet catégorique des explications mentalistes et par un
engagement envers la découverte des relations fonctionnelles entre l'organisme et
son environnement, ce qui a transformé la pédagogie en une technologie
d'enseignement.
Le béhaviorisme radical de Skinner ne doit pas être confondu avec le
béhaviorisme méthodologique du début du XXe siècle. Alors que ce dernier
ignorait simplement les processus mentaux comme inobservables, Skinner
incluait les « événements privés » dans l'analyse scientifique, les traitant non pas
comme des causes de comportements, mais comme des comportements en eux-
mêmes qui doivent être expliqués par les lois mêmes qui régissent le
comportement public. Cette distinction est cruciale pour comprendre sa
proposition éducative, car elle implique que même les pensées et sentiments d'un
élève sont le produit de contingences environnementales et non d'un « agent
interne » ou d'un « homoncule » autonome.
6
Dans ce livre, la méthodologie profondément enracinée dans le positivisme
du physicien et philosophe autrichien Ernst Mach est abordée. De Mach, Skinner
a adopté trois piliers fondamentaux qui ont façonné sa vision de la science : la
valeur biologique de la connaissance, le phénoménalisme et l'analyse
fonctionnelle.
Pour Skinner, la science n'est pas une quête contemplative de la « vérité »,
mais un outil biologique d'adaptation. La connaissance est « vraie » dans la mesure
elle permet à l'être humain d'agir efficacement sur le monde. Cette vision
pragmatique sous-tend leur intérêt pour l'éducation : si nous pouvons découvrir
les lois du comportement, nous avons une obligation éthique de concevoir des
environnements favorisant l'apprentissage et le bien-être social. En ce sens, la
recherche de l'ordre et de la régularité dans le comportement n'est pas seulement
un exercice académique, mais aussi un principe de survie.
Sur cette base, l'objectif de la recherche est d'analyser l'attention que le sujet
porte sur le contexte. Ainsi, Skinner a soutenu que l'organisme humain est une
boîte noire dans le sens les processus neurophysiologiques, bien que réels,
n'expliquent pas pourquoi un comportement se produit à un moment donné en
relation avec l'environnement. Par conséquent, la psychologie de l'éducation doit
se concentrer sur les variables manipulables : les antécédents et les conséquences.
La recherche, à travers les quatre chapitres, se concentre sur le cœur de la
pensée skinnerienne à partir du conditionnement opérant, un processus de
sélection du comportement en fonction de ses conséquences, qui a une analogie
directe avec la sélection naturelle de Darwin. Mais, contrairement au
conditionnement classique de Pavlov, l'apprentissage réagit aux stimuli
7
précédents, le comportement opérant est émis par l'organisme et « opère » sur
l'environnement pour générer des changements. Pour Skinner, toute unité
d'apprentissage peut être analysée à travers la relation de triple contingence : le
stimulus discriminatif, la réponse et le stimulus de renfort.
À la fin de cette recherche, on s'attend à ce que le lecteur, d'un point de vue
scientifique et éthique, considère Skinner comme un critique farouche de la
punition, puisqu'il soutenait que la punition n'élimine pas les comportements,
mais ne les réprime que temporairement, générant des effets secondaires
dévastateurs tels que l'anxiété, l'évitement et l'agressivité. Son approche de
l'éducation reposait presque exclusivement sur le renforcement positif et le
modelage.
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Chapitre I
Stimuli discriminatoires et
comportements volontaires et
involontaires
L'environnement social présente également de nombreuses situations
d'urgence. Un sourire offre l'occasion d'accueillir une approche sociale avec
approbation, tandis qu'un geste de dégoût indique qu'une telle approche ne sera
pas approuvée. Dans une certaine mesure, la probabilité d'approche dépend de la
facilité d'expression de la personne abordée. Nous utilisons ce fait, en montrant
des sourires ou des froncements de sourcils, pour contrôler le comportement de
ceux qui s'approchent de nous. La sonnerie d'un téléphone est le moment où une
voix intervient : un enfant peut décrocher et parler à tout moment, mais, au final,
il ne le fera que lorsqu'il a sonné.
Le stimulus verbal « viens manger » est une occasion où, lorsqu'on va à
table et s'assoit, il est généralement renforcé par de la nourriture. Le stimulus est
efficace pour augmenter la probabilité de ce comportement et le produit le
locuteur à cette fin. Les cloches, les signes et les panneaux de signalisation sont
d'autres occasions certaines actions ont généralement des conséquences. La
plupart des comportements opérants établissent des liens significatifs avec le
monde qui les entoure (Fraisse, 1963).
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Cela peut être démontré par une expérience d'échantillonnage de pigeons,
dans laquelle la réponse d'allongement du cou est renforcée en allumant ou en
éteignant une lumière. Au final, le pigeon ne lèvera le cou que lorsque la lumière
sera allumée. Cela démontre une connexion stimulus-réponse similaire à celle
d'un réflexe conditionnel ou inconditionnel, car l'apparition de la lumière est
rapidement suivie d'un mouvement de la tête vers le haut. La relation entre
stimulus et réponse est fondamentalement différente, avec sa propre histoire et
ses propres propriétés.
Pour comprendre cette relation, nous définissons la contingence comme la
relation dans laquelle le stimulus (lumière) est l'occasion d'une réponse (étirer le
cou), suivie d'un renforcement (nourriture). Ces trois termes doivent être précisés
afin de comprendre l'effet sur le pigeon, la réponse est finalement plus
susceptible de se produire lorsque la lumière est allumée. La discrimination est le
processus par lequel cela est atteint et revêt une grande importance, tant sur le
plan théorique que sur le plan du contrôle pratique du comportement.
Une fois la discrimination établie, nous pouvons modifier instantanément
la probabilité de réponse en présentant ou en supprimant le stimulus
discriminant. Le comportement opérant tend à relever de ce type de contrôle du
stimulus, car seules quelques réponses sont réellement renforcées par l'organisme
lui-même, quelles que soient les circonstances extérieures. Le renforcement
obtenu en s'adaptant à un environnement spécifique nécessite généralement un
contact physique, que nous appelons stimulation (Quaegebeur, 2023).
Le contrôle que l'environnement exerce sur les organismes est
biologiquement significatif, car si tous les comportements se produisaient avec la
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même probabilité en toutes circonstances, cela mènerait au chaos. Il est
avantageux qu'une réponse ne se produise que lorsqu'elle est susceptible d'être
renforcée. Il existe plusieurs types de triples contingences qui produisent des
opérants discriminants. Par exemple, nous adoptons des comportements qui nous
aident à nous adapter aux environnements spatiaux, car la stimulation visuelle
d'un objet peut entraîner des réactions, telles que marcher ou ramasser quelque
chose, qui ont des conséquences tactiles spécifiques.
Le champ visuel constitue une opportunité pour une action manipulatrice
efficace. Les contingences responsables du comportement sont déterminées par
les relations entre les caractéristiques des stimuli visuels et tactiles des objets
physiques. D'autres liens entre les propriétés des objets peuvent entraîner des
changements comportementaux similaires. Par exemple, dans un verger seules
les pommes rouges sont sucrées et toutes les autres sont acides, l'acte de cueillir et
de manger est contrôlé par la couleur rouge du stimulus.
Le conditionnement opérant peut être défini de manière à ne pas
mentionner un stimulus survenant avant la réponse. Pour renforcer un
comportement spécifique chez un pigeon, comme étirer le cou, il fallait attendre
que l'action se produise naturellement, sans la provoquer.
Par exemple, lorsqu'un enfant met la main dans sa bouche, le mouvement
peut être renforcé par le contact main-bouche, mais il n'existe pas de stimulus
spécifique qui provoque systématiquement le mouvement dans toutes les
situations. Bien que les stimuli agissent constamment sur un organisme, leur lien
avec le comportement opérant diffère de celui d'un réflexe. Le comportement
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opérant est émis plutôt que provoqué et doit posséder cette propriété pour que le
concept de probabilité de réponse ait du sens.
La discrimination opérante est utilisée de deux manières : premièrement,
les stimuli discriminatifs existants sont manipulés pour modifier les probabilités.
Cela se fait explicitement et de manière continue dans des tâches telles que le
travail constructif, le contrôle du comportement et la transmission d'instructions.
Cela se fait aussi de manière plus subtile lorsque nous avons des stimuli qui n'ont
pas été explicitement établis à de telles fins. Par exemple, lorsque des produits
sont exposés dans un magasin, le comportement des clients est influencé par des
agents déjà exigeants (Werck, 1967). Certains types de produits sont exposés de
manière stratégique en fonction des conditions qui amènent généralement les
clients à se rendre dans le magasin.
Ce serait une erreur de placer ces produits à l'entrée, car les clients les
achèteraient simplement et s'en iraient. Des produits sont exposés qui sont plus
susceptibles d'être achetés « sur place » que par une privation suffisante pour
inciter les clients à entrer dans le magasin.
Cette exposition sert de « rappel » afin de créer une opportunité optimale
pour susciter des comportements d'achat plus faibles. Le comportement verbal est
une composante essentielle du modèle de triple contingence et fournit de
nombreux exemples révélateurs. Notre capacité à étiqueter des objets s'acquiert
au moyen d'une large gamme de réponses, chacune adaptée à une situation
spécifique. Par exemple, la réponse « chaise » est renforcée lorsque nous
rencontrons une chaise comme stimulus, et la réponse « chat » lorsque nous
rencontrons un chat.
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Lorsque nous lisons à voix haute, nous réagissons aux stimuli visuels par
des vocalisations correspondantes. La triple contingence est évidente lorsqu'un
enfant apprend à lire : une réponse spécifique est renforcée par un « bon » ou un
« mauvais » selon la présence ou l'absence du stimulus visuel correspondant. La
discrimination verbale joue un rôle important dans de nombreuses réponses.
Lorsque nous mémorisons la table de multiplication, le stimulus « 9X9 » est
l'occasion la réponse « 81 » est suffisamment renforcée, soit par l'enseignant,
soit par le bon résultat du calcul. Cette formule s'applique à la fois aux « faits »
historiques et à d'autres types d'informations. Lors des examens, un élève
manifeste le comportement qui fait désormais partie de son répertoire et qui est
renforcé en fonction de l'occasion spécifique posée par la question de l'examen.
Deuxièmement, nous pouvons établir la discrimination afin de garantir qu'un
futur stimulus aura un effet spécifique lorsqu'il apparaîtra. L'éducation implique,
dans une large mesure, l'établissement de ces répertoires ; nous établissons des
plans de secours qui induisent des comportements chez les enfants, comme
regarder avant de traverser la rue.
Imaginez le scénario d'un invité affamé qui entend son hôte l'inviter à
manger. En supposant que l'hôte connaisse bien la langue parlée, ce stimulus
verbal déclenche une réponse physiologique dans son corps, incluant la sécrétion
de salive et d'autres sucs digestifs, ainsi que la contraction des muscles de
l'estomac et des intestins, le client peut se sentir obligé de s'approcher et de
s'asseoir à table, bien que ce comportement soit moins clairement déterminé et
soit prédit avec moins de certitude.
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Le réflexe de salivation et l'acte de s'asseoir à table sont des réponses
conditionnées renforcées par l'approvisionnement alimentaire par le passé. Ce
conditionnement repose sur des expériences antérieures et peut ne pas se produire
si l'hôte n'est pas actuellement en situation de famine.
Dans ce cas, l'invité pourrait poliment décliner l'invitation en disant qu'il
n'a pas d'appétit. Pour prédire avec précision si l'invité s'assiéra à table ou
adoptera des comportements alternatifs, nous avons besoin d'informations sur
l'ensemble des variables pertinentes. Cela inclut non seulement celles qui
augmentent la probabilité de la réponse souhaitée, mais aussi celles qui
accroissent la probabilité de réponses concurrentes. Cependant, il est souvent
difficile d'acquérir une connaissance précise de ces variables ; il est donc plus facile
de supposer que le comportement de l'hôte est déterminé par sa propre volonté :
qu'il viendra manger s'il le souhaite vraiment. Cependant, cette hypothèse a peu
de valeur théorique ou pratique, car nous devons toujours prédire le
comportement en fonction du « désir » de l'hôte.
L'explication interne ne donne pas accès direct aux informations dont nous
avons besoin. Lorsqu'il s'agit de nombreuses variables importantes, il est
nécessaire de les étudier toutes et de les prendre en compte. Même si l'hôte est
dans un état approprié de faim et a un historique de renforcement et de privation
qui soutient la réponse opérante de rester assis à la table, ce comportement peut
être remplacé par d'autres actions impliquant les mêmes muscles.
C'est-à-dire que si l'invité est mécontent d'un retard dans la préparation des
repas, il peut riposter en provoquant intentionnellement un nouveau retard, par
exemple en insistant pour se laver les mains et prendre un temps prolongé, loin
14
de la salle à manger. Ce comportement a été appris et renforcé, car il affecte
négativement les autres. Le client a acquis la capacité de déranger les gens.
La distinction entre comportement volontaire et involontaire, ou la
compréhension du comportement opérant et de son reflet, révèle une autre
différence. Les réflexes sont principalement liés au fonctionnement interne du
corps, et les glandes ainsi que les fibres musculaires lisses y jouent un rôle crucial
(Nevid et al., 2009). En revanche, les réflexes impliquant des fibres musculaires
striées sont principalement impliqués dans le maintien de la posture et d'autres
réponses liées aux propriétés stables de l'environnement. Ces réponses bien
définies sont suffisamment efficaces pour faire partie de la structure génétique de
l'organisme.
Des résultats qui ressemblent en partie à ceux du contrôle volontaire des
glandes et des muscles lisses peuvent être obtenus lorsque le comportement
opérant génère des stimuli appropriés. Bien qu'il ne soit pas possible de modifier
directement la fréquence cardiaque par un effort opérant, d'autres
comportements, comme l'exercice vigoureux, peuvent en provoquer des
variations.
En renforçant un certain rythme critique, nous renforcons involontairement
le comportement opérant qui le produit ; il y a eu des cas des personnes ont pu
soulever les poils de leurs bras ou baisser leur pouls lorsqu'on leur leur a demandé
; il est raisonnable de supposer qu'il existe une étape intermédiaire dans ces
exemples et que la réponse de la glande ou du muscle lisse lui-même n'est pas
considérée comme un comportement opérant.
15
Le comportement réflexe s'étend par le processus de conditionnement
réactif et semble ne pouvoir être conditionné selon le modèle opérant. Les glandes
et les muscles lisses ne produisent naturellement pas les effets liés au
comportement opérant. Même lorsque nous observons expérimentalement de
telles conséquences, le conditionnement opérant n'a pas lieu. Par exemple, bien
que nous puissions renforcer une personne en lui apportant de la nourriture
chaque fois qu'elle effectue une action spécifique, nous ne pouvons pas la
conditionner à rougir de la même manière.
Le comportement de rougir, ainsi que le fait de pâlir ou de sécréter de la
salive, des larmes, de la sueur, etc., ne peut pas être directement contrôlé par des
comportements opérants. S'il existait une technique pour atteindre ce résultat, il
serait possible d'apprendre à un enfant à contrôler ses émotions et ses
mouvements de main. Au contraire, le comportement opérant est associé à l'aspect
de l'environnement, caractérisé par des conditions instables, ce qui entrave une
action efficace.
Dans ce domaine, la probabilité que des facteurs génétiques ou inhérents
contribuent au comportement est beaucoup plus faible, voire pratiquement nulle.
Déterminer si les réponses purement réflexes dans les fibres striées peuvent être
conditionnées par le renforcement opérant n'est pas une tâche facile. La difficulté
réside dans le fait qu'une réponse opérante peut être émise et déclencher le réflexe.
Par exemple, on peut éternuer non seulement en raison de la présence de poivre,
mais aussi en raison des conséquences sociales, comme lorsque quelqu'un dit « à
tes souhaits ».
16
Il est difficile de soutenir qu'un éternuement simulé soit comparable à un
réflexe, même si ce n'est probablement pas le cas. Les variables qui contrôlent
chaque comportement sont suffisamment distinctes pour justifier une distinction.
Si nous posons des conditions pour l'apparition d'un comportement opérant
incompatible et que l'enfant cesse d'éternuer lorsqu'on lui propose un bonbon, il
est évident que l'éternuement n'était pas un réflexe.
Vous n'avez pas besoin de qualifier l'éternuement de volontaire. Une
interprétation plus acceptable serait qu'il s'agisse d'une réponse conditionnelle. La
distinction entre comportement volontaire et comportement involontaire est
étroitement liée à notre conception évolutive de la responsabilité individuelle.
Nous ne tenons pas les gens responsables de leurs réflexes, comme tousser
à l'église. Au lieu de cela, nous les tenons responsables de leur comportement,
comme chuchoter ou ne pas partir lorsqu'ils ont une quinte de toux, il existe des
variables qui influencent le chuchotement et la toux, qui peuvent être aussi
inexorables que celles provoquées par les réflexes, reconnaissant cela, nous
devons peut-être remettre en question la notion de responsabilité et la croyance
en le libre arbitre comme agent causal interne, Ce changement d'état d'esprit peut
entraîner des changements significatifs dans nos pratiques. La doctrine de la
responsabilité individuelle est liée à certaines techniques de contrôle de la
conduite, mais celles-ci ne sont pas toujours efficaces.
Ceux qui souffrent de comportements problématiques soutiennent souvent
que leurs actions sont inévitables. Par exemple, un alcoolique peut insister sur le
fait qu'il ne peut pas arrêter de boire, ou quelqu'un de colère courte peut prétendre
qu'il ne peut pas arrêter d'embêter un chat ou de dire ce qu'il pense. Nous devons
17
reconnaître leurs difficultés. En améliorant notre compréhension du
comportement humain et en élaborant des pratiques qui tiennent compte de
l'importance du renforcement et d'autres variables influentes, nous pouvons
considérablement renforcer notre contrôle sur le comportement.
La frontière entre le comportement volontaire et l’involontaire devient
complexe, car les deux systèmes musculaires se chevauchent parfois ; les
sphinctères du système éliminatoire et les muscles de la paupière sont activement
impliqués dans certains réflexes. Chez les enfants, le contrôle des réflexes peut
agir de lui-même, mais à mesure qu'ils se développent, le comportement opérant
peut devenir suffisamment fort pour s'opposer aux réflexes.
La respiration est généralement un réflexe, mais nous pouvons cesser
volontairement de respirer dans des conditions spécifiques de renforcement
opérant, comme gagner un pari ou éviter la sensation désagréable de l'eau dans le
nez pendant la plongée. La capacité à retenir notre souffle dépend de la force de
nos réflexes respiratoires, qui s'intensifient à mesure que le dioxyde de carbone
s'accumule dans le sang (Howes, 2014). Enfin, nous arrivons à un point nous
devons reprendre notre souffle.
Quand nous nous arrêtons d'éternuer, il est probable que l'éternuement
n'était pas un réflexe ; inutile de dire que c'était volontaire, car nous l'avons arrêté
intentionnellement. Au contraire, une explication plus plausible serait que nous
avons cessé d'éternuer parce que des facteurs favorisant le comportement
compétitif ont été introduits. La distinction entre comportement volontaire et
involontaire devient complexe en raison du chevauchement entre les deux
systèmes musculaires. Les sphincters du système éliminatif et les muscles de la
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paupière sont activement impliqués dans certains réflexes chez les enfants. Le
contrôle des réflexes peut agir de manière indépendante, mais, par la suite, un
comportement opérant s'acquiert et peut s'opposer aux réflexes.
La respiration est généralement un réflexe, mais nous pouvons cesser
volontairement de respirer dans certaines conditions de renforcement opérant,
comme pour gagner un pari ou pour éviter l'inconfort lors de la plongée. La durée
de la retenue de l'air dépend de la force de nos réflexes respiratoires, qui
s'intensifient à mesure que le dioxyde de carbone s'accumule dans le sang. Avec
le temps, nous atteignons un point nous ne pouvons plus résister à l'envie de
respirer. La distinction entre comportement volontaire et involontaire est liée à
notre compréhension de la responsabilité personnelle.
Nous ne tenons pas les gens responsables de leurs réflexes, comme
lorsqu'ils toussent dans une église. Cependant, nous les tenons responsables de
leur comportement, comme chuchoter ou ne pas sortir lorsqu'ils ont une quinte de
toux à l'église. Il existe des variables qui influencent le chuchotement et la toux et
peuvent être aussi inévitables que les réflexes.
Reconnaître ce fait remet en question la notion de responsabilité
personnelle et la croyance en le libre arbitre comme agent causal interne. En
conséquence, nos pratiques pourraient devoir évoluer. Le concept de
responsabilité personnelle est associé à des techniques de contrôle du
comportement qui favorisent un sentiment de responsabilité ou d'obligation
envers la société (Ricoeur, 1994). Ceux qui ont des difficultés avec certains
comportements affirment souvent l'inévitabilité de leurs actes.
19
Pour illustrer, un alcoolique peut insister sur le fait qu'il ne peut pas arrêter
de boire, ou quelqu'un au tempérament colérique peut prétendre qu'il ne peut pas
s'empêcher d'embêter un chat ou de dire ce qu'il pense. Nous devons reconnaître
leurs difficultés. Cependant, en améliorant notre compréhension du
comportement humain et en concevant des pratiques alternatives qui tiennent
compte de l'importance du renforcement et d'autres variables influentes, nous
pouvons renforcer notre capacité à le contrôler.
1.1 Répertoire discriminatoire.
Lorsque nous voulons définir la plus petite unité possible de
correspondance entre le stimulus et la réponse, nous utilisons les dimensions dans
lesquelles les deux champs sont décrits. La correspondance se produit entre les
points. Dans de nombreux répertoires, les unités plus petites ne disposent pas de
points permettant de créer des champs continus. Les stimuli et les réponses
peuvent ne pas générer de champs. Par exemple, lorsque nous apprenons les noms
d'un grand nombre de personnes, nous ne nous attendons pas à ce que les
représentations visuelles de ces personnes ou de leurs noms forment des champs
continus. Le répertoire reste une collection d'unités distinctes. Même lorsque les
stimuli et les réponses peuvent être décrits comme des champs, le comportement
peut ne pas atteindre ce niveau.
Dans plusieurs des pertoires discriminatifs que nous examinerons ci-
dessous, l'unité fonctionnelle est bien plus petite que le stimulus ou la réponse qui
survient à une occasion donnée et auxquels nous sommes normalement
confrontés ; elle n'est pas toujours suffisamment petite pour être considérée
comme un exemple de correspondance entre champs.
20
Nous avons observé que toute unité individuelle de comportement opérant
est artificielle ; le comportement est l'activité continue et cohérente d'un organisme
entier. Bien qu'il puisse être divisé en parties à des fins théoriques ou pratiques,
nous devons reconnaître sa nature continue pour résoudre des problèmes
communs. Le comportement discriminatoire offre de nombreux exemples.
Lorsque nous atteignons un point dans notre champ de vision, chaque position
possible du point nécessite une combinaison spécifique de mouvements de portée
et de toucher.
Chaque position devient une caractéristique distinctive d'un stimulus
discriminant, ce qui accroît la probabilité de la réponse appropriée. Avec le temps,
quelle que soit la position du point, cela entraîne un mouvement qui nous permet
de le mettre en contact. Aux extrêmes de notre champ visuel, le comportement
peut être affecté et certains cas peuvent nécessiter un conditionnement spécifique,
comme atteindre un objet vu à travers un miroir ou depuis une posture
inhabituelle, au centre de notre champ visuel, toutes les positions du point créent
un continuum, et toutes les combinaisons possibles de mouvements menant au
contact avec lui forment un champ correspondant (Le Ny, 1957).
Le comportement est appris à des occasions spécifiques lorsque les
réponses dirigées vers des lieux précis sont renforcées, mais l'organisme
développe inévitablement un répertoire cohérent, définissable sans référence aux
origines précises des deux domaines.
1.2 Configurez selon le modèle.
La capacité à puiser dans un modèle varie considérablement d'un individu
à l'autre ; les contingences qui influencent ce comportement ne sont pas aussi
21
universelles que celles qui influencent le comportement spatial, et les individus
reçoivent des niveaux d'instruction différents. Même une petite différence dans
l'enseignement initial peut entraîner des différences significatives dans le résultat
final. Un enfant qui développe un répertoire efficace pour copier des images et
des objets dès son plus jeune âge est susceptible de continuer à utiliser ce
répertoire et de voir ses compétences s’en renforcer.
Les artistes reçoivent une formation incluant des contingences très
spécifiques, fournies par eux-mêmes ou par leurs enseignants, afin d'améliorer
leur capacité à discriminer et reproduire les éléments spatiaux. Quelqu'un qui ne
sait pas dessiner peut être impressionné par quelqu'un qui le sait, mais il peut
avoir du mal à comprendre comment obtenir des résultats similaires. Cela
s'explique par le fait qu'ils manquent du répertoire de base, qui ne peut être établi
que par un renforcement fondé sur la discrimination. Le comportement est
contrôlé par le modèle, pas par l'artiste, et ce n'est que lorsque le modèle devient
un stimulus discriminatif par renforcement différentiel que le comportement se
produira (Lamoureux et Magali Uhl, 2018).
La façon dont nous réagissons au monde qui nous entoure est si ancrée en
nous que nous oublions souvent comment nous l'avons apprise. Il existe certains
types de comportements qui peuvent être plus facilement retracés jusqu'à leur
origine. Lorsque nous dessinons, par exemple, notre comportement est influencé
par le modèle ou l'objet que nous cherchons à reproduire. Nos mouvements avec
le crayon sur le papier sont déterminés par les lignes du modèle.
Bien que toutes ces lignes et mouvements forment un champ, le
comportement ne se développe pas toujours dans des conditions de type champ ;
22
c'est particulièrement évident dans le comportement d'un enfant qui apprend à
dessiner. Ils peuvent ne montrer qu'un nombre limité de réponses au stimulus
complexe du modèle.
En revanche, un artiste talentueux dispose d'un répertoire plus large de
réponses qui lui semblent « naturelles ». Si une droite du modèle n'est pas
exactement reproduite, mais adopte un style unique, le comportement ne forme
pas un champ continu. Un autre exemple de comportement divisé en unités
discrètes, même si le stimulus est un champ, est celui d'un ingénieur électricien
qui « dessine un modèle » d'un poste radio en utilisant seulement quelques unités
de réponse.
1.3 Compétences musicales à l'oreille
L'imitation est étroitement liée à ces répertoires discriminants. Cependant,
il est important de noter que le comportement imitatif n'est pas à un mécanisme
réflexe inné. Un tel mécanisme exigerait qu'un stimulus, produit par un
comportement particulier chez un organisme, déclenche chez un autre organisme
une série de réponses suivant le même schéma. Par exemple, si un autre chien voit
un chien courir, il se met automatiquement à courir. Ce serait un mécanisme
incroyablement complexe et, malgré notre tendance à le croire, il semble qu'il
n'existe pas.
L'imitation se développe par le conditionnement et l'apprentissage.
Dessiner un modèle est essentiellement une réponse au monde spatial, tout
comme nos réponses aux stimuli génèrent des champs continus. Il en va de même
lorsqu'on joue d'un instrument ou qu'on chante une mélodie « à l'oreille », bien
que, dans ce cas, les dimensions spatiales ne soient pas présentes.
23
Dans les deux scénarios, nous développons des répertoires adaptés à partir
de contingences similaires de trois temps. Lorsque nous produisons un son, cela
constitue une occasion pour notre appareil vocal de renforcer l'émission d'un ton
similaire. Ce renforcement peut se produire automatiquement si nous nous
sommes conditionnés à adopter les bons tons, ou s'il est fourni par une autre
personne, comme un enseignant, dont le comportement confirme la justesse du
ton adopté.
Ces répertoires peuvent aussi inclure des réponses par intervalle, dans
lesquelles chaque intervalle entendu devient l'occasion de renforcer une réponse
complexe qui produit un intervalle correspondant. Les mélodies et les
progressions harmoniques peuvent également servir de base à des répertoires
similaires. Les mêmes principes peuvent être appliqués lors de la pratique d'un
instrument de musique, même si le comportement nécessaire pour générer des
sons ou des motifs diffère complètement.
Lorsque nous chantons ou jouons à l'oreille, notre objectif ultime est
généralement d'atteindre la gamme des demi-tons. Les stimuli et nos réponses
tendent à se situer dans cette plage. Un chanteur avec un registre mauvais a un
système de réponse mal défini et est incapable de se synchroniser avec le système
de stimulus. En revanche, un chanteur doté d’un bon registre peut interpréter avec
précision une mélodie défectueuse. Dans ce cas, le répertoire des réponses est plus
fiable que le stimulus (Mahajan, 2018). Bien sûr, la gamme des demi-tons n'est pas
une limite absolue. Un chanteur talentueux possède un répertoire qui approche
un champ continu, lui permettant de reproduire des sons non musicaux tels que
le chant des oiseaux ou le bruit de machine.
24
Il est facile de négliger le conditionnement nécessaire pour développer ce
type de comportement : quelqu'un qui a du mal à imiter un schéma auditif ou à
chanter ou à jouer à l'oreille peut ressentir de l'admiration pour ceux qui le
peuvent. Ils peuvent trouver presque impossible de produire une note précise ou
d'imiter le son d'une locomotive, et ils ne comprennent pas comment l'imitateur
expert procède. Devenir un imitateur expert ne peut être obtenu uniquement par
la force de la volonté ; la différence cruciale réside dans l'histoire de l'accent : si le
répertoire nécessaire à la production d'une mélodie n'a jamais été établi, il ne sera
pas accessible lorsque ce sera nécessaire.
Un acteur talentueux possède un répertoire imitatif d'attitudes, de postures
et d'expressions faciales qui lui permet de suivre les instructions du metteur en
scène ou de reproduire les comportements observés au quotidien. Inversement,
les acteurs moins talentueux peuvent éprouver des difficultés, faute d'un
répertoire essentiel. Bien que les réponses imitatives puissent couvrir une large
gamme, elles n'atteignent peut-être jamais un champ entièrement continu. Le
doublement des stimuli n'est souvent pas exact, et même des imitateurs experts
peuvent fournir des preuves de l'origine de leur répertoire. Les répertoires
imitatifs inversés ne peuvent pas générer des champs continus d'où émergent
automatiquement de nouveaux exemples. Les danseurs expérimentés peuvent
improviser partiellement une chorégraphie : l'un introduit une série de pas et
l'autre les suit.
De même, un joueur de tennis est, dans une certaine mesure, équipé de la
réponse appropriée à un nouveau mouvement offensif ; les champs
correspondants à une imitation authentique manquent. La similarité entre
25
stimulus et réponse ne remplit pas une fonction spécifique dans l'imitation ; il
serait possible d'établir un comportement dans lequel un pigeon fait toujours
l'inverse de l'autre.
En résumé, le second pigeon pouvait être conditionné à picorer toujours
une piqûre différente de celle du premier. Ce type d'imitation inversée peut
également être observé dans les académies de danse lorsque l'instructeur et l'élève
n'adoptent pas le me comportement au sein d'un répertoire donné. Un recul
pour l'enseignant peut être un pas en avant pour l'élève. Ce type d'imitation
inversée peut être aussi facile à exhiber qu'un comportement aux propriétés
similaires, comme le démontrent les artistes experts.
Les répertoires imitatifs sont généralement développés comme un
ensemble de réponses spécifiques. C'est-à-dire que, lorsqu'ils apprennent à
danser, les individus acquièrent un ensemble de réponses plus ou moins
stéréotypées qui leur permettent de reproduire un pas montré par leur professeur.
Si ce répertoire est limité, l'imitation devient difficile, surtout lorsqu'on essaie
d'exécuter des pas complexes (Sensevy, 2011). Dans le domaine de la danse et du
chant, les talents d'imitation des artistes talentueux peuvent sembler presque
magiques aux personnes moins expérimentées. Dans le domaine sportif, d'autres
répertoires ne conviennent pas. Le comportement d'un joueur de tennis est
fortement influencé par son adversaire, mais les schémas de comportement
correspondants ne sont pas imitatifs au sens traditionnel du terme.
Cependant, il existe toujours une triple condition. Des indices subtils dans
le comportement de l'adversaire, corrélés à la position suivante du ballon, servent
d'occasion à un comportement défensif approprié. Les joueurs de tennis experts
26
deviennent très sensibles à ces stimuli, ce qui leur permet de se positionner en
défense.
L'escrime offre un excellent exemple de comportement intégré entre deux
individus, la réponse de l'un devient un stimulus discriminatoire pour que
l'autre réagisse différemment. Dans certains cas, le comportement peut être si
étroitement intégré que deux danseurs peuvent exécuter les mêmes pas
simultanément. Au fil de l'histoire, des individus ont subi des discriminations
selon la triple contingence typique. Un exemple est celui où quelqu'un observe la
stimulation visuelle d'une autre personne qui bouge sa main, ce qui entraîne un
renforcement de son mouvement.
Un autre exemple se produit lorsqu'un stimulus auditif, tel que le son « Pa-
da », offre à un parent satisfait l’occasion de renforcer une réponse verbale
complexe. Ce type de conditionnement peut être observé dans la vie quotidienne,
mais il peut aussi être reproduit en laboratoire. Par exemple, les chercheurs
peuvent conditionner un pigeon à effectuer diverses actions si un autre pigeon les
effectue également. Lorsque le pigeon imite, il picore un piquet à un endroit précis
; le mimétique picore aussi un piquet similaire. Si le pigeon imité picore une autre
cheville, l'imitateur adapte son comportement en conséquence. Ce comportement
imitatif ne se produit que lorsqu'un renforcement discriminatif spécifique a déjà
eu lieu.
En réalité, il peut ne pas sembler que les pigeons s'imitent, mais la triple
urgence nécessaire survient souvent dans la nature. Par exemple, si un pigeon
creux dans un sol feuillu, cela offre une opportunité à un autre pigeon de se
27
renforcer en adoptant un comportement similaire. Ce concept s'applique aussi aux
humains.
Quand nous voyons un groupe de personnes regarder la vitrine d'un
magasin, nous avons tendance à y regarder aussi. Cela ne vient pas d'un instinct
d'imitation, mais parce que les vitrines qui attirent l'attention des autres peuvent
renforcer ce comportement. Le répertoire imitatif moyen de la personne est si
développé qu'elle a oublié ses origines et est désormais considérée comme une
composante intégrante de son comportement.
1.4 Attention
Le concept d'attention joue un rôle crucial dans la compréhension du
contrôle exercé par un stimulus discriminant. Traditionnellement, on a cru qu'un
stimulus contrôlait le comportement d'un observateur. Le concept d'attention
inverse cette perspective en suggérant que l'observateur prête attention au
stimulus et, par conséquent, au contrôle (Maalal, 2024). Il existe des cas l'on
reconnaît que l'objet retient et maintient l'attention de l'observateur. Cependant,
l'attention ne se limite pas à regarder quelque chose ou à suivre une série d'objets.
Comme la plupart des gens le savent, nous pouvons fixer notre regard au centre
d'une page tout en « prêtant attention » aux autres détails.
Dans de tels cas, nous entendons que l'observateur continue de se
concentrer sur l'objet. Par exemple, une publicité animée peut être dangereuse si
elle retient longtemps l'attention du conducteur. Pendant que le conducteur est
absorbé par la publicité, son attention est détournée de la route. Ce phénomène
est intimement lié au conditionnement et, plus précisément, au conditionnement
28
opérant discriminant. Les variables liées à l'attention ne sont pas toujours
apparentes, mais elles peuvent généralement être identifiées.
Le fait que les gens lisent des publicités plutôt que d'observer le paysage
environnant montre à quel point la lecture est efficacement renforcée, non
seulement par les publicités, mais aussi par les magazines, les romans, les lettres,
etc. D'innombrables écrivains utilisent habilement des renforts puissants à travers
la parole écrite ou imprimée dans divers domaines. Ces stimuli présentent des
propriétés typographiques communes qui incitent les individus à lire de
nouveaux documents. De plus, un renforcement peut être effectué si le matériau
est jugé « intéressant ».
Nous pouvons explorer cette relation à travers une simple expérience avec
les pigeons. Nous renforçons un pigeon lorsqu'il picore un appareil, mais
uniquement lorsqu'une petite lumière est allumée au-dessus de celui-ci. Grâce à
ce processus, le pigeon apprend à discriminer et ne répond que lorsque la lumière
est allumée, ignorant toute autre situation. Il est intéressant de noter que le pigeon
commence à se concentrer sur la lumière, et on peut interpréter ce comportement
soit comme le fait que le pigeon prête attention à la lumière, soit comme la lumière
captivant son attention. Ce comportement peut facilement s'expliquer par un
renforcement conditionné : regarder la lumière est renforcé en la voyant s’allumer.
Le concept d'attention et sa relation avec le comportement ont fait l'objet
d'études et d'analyses. Bien que les tentatives d'expliquer l'attention en termes de
mouvements oculaires aient échoué, il n'en va pas de même pour le modèle
auditif. Lorsqu'on écoute une symphonie, par exemple, il n'est pas évident qu'il y
ait une orientation spécifique de l'oreille lorsqu'on se concentre sur les clarinettes.
29
L'attention n'est pas une forme de comportement, mais plutôt une relation de
contrôle entre une réponse et un stimulus discriminatoire.
Quand quelqu'un prête attention, il est sous l'influence d'un stimulus
spécifique. Bien qu'il soit plus facile de détecter cette relation lorsque nos organes
sensoriels sont orientés vers le stimulus, ce n'est pas une condition nécessaire.
Quelle que soit l'orientation des organes récepteurs, un organisme peut prêter
attention à un détail d'un stimulus si son comportement est principalement
influencé par ce détail.
Dans les cas où un sujet décrit un objet à la fin d'une page sans le regarder,
ou affirme que les clarinettes suivent les violons, il n'est pas nécessaire de
démontrer une disposition spatiale entre le stimulus et la réponse ; l'essentiel est
de mettre en lumière la relation spatiale du contrôle qui permet cette réponse. De
même, dans les expériences, on peut conclure qu'un pigeon prête attention à une
lumière, même s'il ne la regarde pas directement, tant qu'elle induit la bonne
réaction discriminante.
Maintenant, si le pigeon picore un endroit quand la lumière clignote et
s'abstient de le faire quand la lumière est allumée en permanence, il peut toujours
regarder la lumière grâce au renforcement associé à l'attention, bien que ce ne soit
pas une exigence. Lorsque nous demandons à quelqu'un de prêter attention à une
caractéristique spécifique de son environnement, notre demande agit comme un
stimulus discriminatif qui influence le comportement de l'observateur.
Ils sont conditionnés à regarder ou à écouter un stimulus présenté lorsqu'on
leur demande de « prêter attention », car ils en seront récompensés. Normalement,
30
quand on dit à quelqu'un « regarde cet homme », c'est parce que cette personne a
quelque chose d'intéressant à offrir. De même, lorsque nous encourageons
quelqu'un à « écouter ce que disent ceux du dernier rang », c'est parce qu'il dit
quelque chose d'intéressant. Tout comme nous pouvons prêter attention à un objet
sans le regarder, il est aussi possible de regarder quelque chose sans y prêter
réellement attention.
Cela n'implique pas que notre comportement soit inférieur ni que nos yeux
soient mal utilisés. Le critère que nous suivons est que si le stimulus a un effet sur
notre comportement par exemple, lorsque nous regardons quelqu'un sans
réellement le voir, écoutons une conversation sans nous concentrer sur son
contenu, ou lisons en pensant à autre chose cela signifie que le stimulus
n'influence pas significativement notre comportement.
L'environnement présente également la caractéristique que les événements
se produisent simultanément selon des relations temporelles spécifiques. Un
stimulus peut précéder un autre dans un certain intervalle de temps, comme un
éclair précédant le tonnerre. Une réponse ne peut produire une conséquence
qu'après un certain intervalle de temps, comme les effets de l'ingestion d'alcool,
qui surviennent après un certain laps de temps. Une réponse peut avoir des
conséquences lorsqu'elle survient dans un certain lai après l'apparition d'un
stimulus discriminant, comme frapper une balle uniquement lorsqu'elle est à
portée, mais avant qu'elle ne la quitte. Une réponse ne peut être renforcée que si
elle est retardée d’un intervalle spécifique après la présentation du stimulus.
Un pigeon ne peut être entraîné à picorer un appareil que s'il attend, disons,
six secondes après son apparition. De nombreux renforcements sociaux et
31
commerciaux opèrent dans ces conditions, comme lorsque l'effet désiré diminue
si quelqu'un réagit trop rapidement ou accepte trop facilement, ou lorsque le
renforcement optimal ne peut être atteint qu'après une réflexion approfondie.
Dans ces contingences, la probabilité maximale de réponse survient
généralement peu avant l'intervalle requis. Un effet caractéristique du délai est
parfois appelé « anticipation ». Par exemple, si un visiteur régulier donne
constamment des bonbons à un enfant quelques minutes après son arrivée, on
peut observer que l'enfant attend les bonbons.
L'arrivée du visiteur constitue un stimulus conditionné qui provoque chez
l'enfant une salivation. Si l'intervalle entre l'arrivée et la livraison des bonbons
reste relativement constant, une discrimination temporelle peut se développer et
la réponse conditionnée n'apparaît que lorsque l'intervalle est presque terminé. Si
certains mouvements du visiteur précèdent systématiquement la livraison des
bonbons, l'enfant peut apprendre à les associer à la friandise imminente.
Lorsque des propriétés temporelles sont ajoutées à la triple contingence de
l'opérant discriminant, des effets spécifiques apparaissent. Parfois, une réponse
n'est renforcée que si elle est donnée aussi rapidement que possible après
l'apparition d'un stimulus spécifique. Cette situation de contingence explique
pourquoi beaucoup de gens se précipitent pour répondre à un appel téléphonique
ou pourquoi les coureurs réagissent rapidement au coup de départ (Tessier, 2015).
Dans une expérience de « temps de réaction », on demande à un sujet de lever le
doigt d'un appareil dès qu'une lumière apparaît ou qu'une cloche sonne, ce qui
met en évidence le comportement « dès que possible ». Bien que les instructions
32
données dans ces expériences soient complexes, l'effet sur le comportement est
simplement dû à la triple contingence avec l'ajout d'une spécification temporelle.
Cette même situation s'applique aux pigeons, qui réagissent aussi
rapidement que possible, avec un temps de réaction comparable à celui des
humains. L'environnement est structuré de manière à ce que certains événements
aient tendance à se produire simultanément ; l'organisme est conçu pour que son
comportement change lorsqu'il interagit avec cet environnement. Il y a trois
scénarios principaux à considérer :
1) Certains événements, comme la couleur et le goût des fruits mûrs, tendent à se
produire ensemble, ce qui conduit au conditionnement des répondeurs.
2) Certaines activités de l'organisme entraînent des changements dans
l'environnement, ce qui se traduit par un conditionnement opérant.
3) Certains événements servent de signaux pour que certaines actions entraînent
des changements dans l'environnement, ce qui conduit à une discrimination
opérante. Grâce à ces processus, un organisme apprend, dans un nouvel
environnement, à se comporter efficacement. Les mécanismes hérités ne peuvent
pas y parvenir car l'environnement varie trop d'une génération à l'autre. L
Les deux premières caractéristiques mentionnées ne posent pas de grands
défis. Dans le conditionnement réactif, l'impact d'un intervalle de temps entre les
stimuli est facilement établi. Par exemple, si nous nourrissons un organisme dix
secondes après avoir présenté un stimulus neutre, le processus de
conditionnement suit le schéma habituel et l'organisme salive en réponse au
33
stimulus auparavant neutre. Cependant, avec le temps, une discrimination
temporaire s'établit.
L'organisme ne salivait pas immédiatement lorsque le stimulus
conditionné était présenté, mais seulement après un intervalle qui approchait
progressivement de celui qui suit habituellement l'apparition du stimulus non
conditionné. On peut expliquer ce résultat en définissant le stimulus conditionné
comme un fait donné, ainsi que le passage d'un intervalle de temps donné.
L'introduction d'un intervalle de temps entre la réponse et le renforcement dans
le conditionnement opérant est également peu intéressante, car elle ne fait que
réduire l'efficacité du renforcement sans entraîner de changements majeurs du
comportement.
Tout mouvement de l'enfant renforcera son attention envers le visiteur ; en
d'autres termes, l'enfant observe attentivement chaque geste du visiteur. Si
l'enfant a associé certains mots à la réception de sucreries, il écoutera aussi
attentivement tout ce que le visiteur dira, car cette écoute a été renforcée par la
promesse de sucreries. De plus, tout comportement de l'enfant qui augmente la
probabilité de recevoir des bonbons a été renforcé et sera plus marqué. Par
exemple, l'enfant peut attirer l'attention sur lui en accomplissant une action
particulière ou en faisant référence à des cadeaux antérieurs, ce qui suggère ainsi
au visiteur (Mohammed, 1979).
La plupart des comportements de l'enfant dans ce contexte seront dictés
par ses émotions. Cela est particulièrement évident lorsque le stimulus anticipé
est désagréable et suscite des sentiments d'anxiété, comme discuté au chapitre XI.
En revanche, lorsque le stimulus anticipé est gratifiant, le comportement de
34
l'enfant manifestera généralement davantage d'excitation et de plaisir, ce qui peut
être considéré comme un aspect de la joie. Cependant, il est important d'utiliser
ces termes avec prudence, comme expliqué au chapitre X. Il convient également
de prendre en compte un autre aspect des attentes.
Le comportement d'un coureur en attente du signal de sortie illustre tous
les effets mentionnés ci-dessus :
1) Réponses physiologiques, telles qu'une augmentation du rythme cardiaque, de
la respiration et de la transpiration, dues à des réflexes conditionnés.
2) Un niveau d'attention plus élevé à la voix donnée par l'ordre de sortie, appelé «
grande attention ».
3) Des changements émotionnels qui penchent vers l'anxiété plutôt que vers la joie
si la course est attendue comme difficile : le coureur tendra ses muscles et adoptera
une posture qui lui permettra de mieux répondre au signal de départ. Ce type de
comportement, souvent appelé « préparations », est renforcé par une réponse plus
rapide. Cela peut se manifester par une exécution partielle de la réponse « quitter
», indiquée par un comportement de sortie précoce, ou par tout autre
comportement qui reçoit un renforcement positif en cas de démarrage réussi,
comme rester immobile au lieu de s'équilibrer sur la pointe des pieds.
35
Chapitre II
Perception et contrôle des stimuli
Pour Skinner, le père du béhaviorisme radical, des concepts tels que la «
perception » et le « contrôle des stimuli » ne se produisent pas dans un « esprit »
invisible, mais relèvent de processus physiques et observables qui dépendent de
notre interaction avec l'environnement. Le contrôle du stimulus survient
lorsqu'un comportement est plus susceptible d'apparaître en présence d'un
stimulus spécifique, car, par le passé, ce comportement a été renforcé par ce
stimulus. Contrairement à la psychologie traditionnelle, Skinner ne croyait pas
que la perception consiste à « copier » le monde extérieur dans notre esprit. Pour
lui, percevoir est un comportement en soi.
2.1 Contrôle environnemental
De nombreuses théories du comportement humain ne reconnaissent ni ne
prennent en compte le rôle de l'environnement ; l'interaction entre un individu et
son environnement est souvent négligée ou mentionnée en passant. C'est
particulièrement courant en psychologie clinique, les praticiens peuvent parler
des personnes, des lieux et des choses comme de simples faits, sans fournir
davantage de détails sur leur impact (Goyer et Debuyst, 1973).
Bien que cela puisse servir certains objectifs de communication, il est
probable qu'il s'avérera insuffisant à un moment donné. Les défis rencontrés par
la psychologie clinique mettent souvent en lumière cette insuffisance. Quelles que
36
soient nos croyances quant au comportement, il est indéniable que
l'environnement a un impact significatif sur nous.
Bien que nous ne soyons pas nécessairement d'accord sur l'étendue de cette
influence, il est clair qu'elle existe dans une certaine mesure ; nos actions doivent
être adaptées à la situation actuelle, car ne pas rester connectés à la réalité entraîne
souvent des problèmes liés au sentiment de déconnexion. Même lorsque
quelqu'un rejette le monde qui l'entoure et cherche à en réduire son contrôle, il
interagit toujours avec le monde physique (Jeangène, 2010). Ce type de questions
surgit généralement lors de la discussion ultérieure d'un cas clinique, mais elles
ne surviendraient normalement pas si l'analyse initiale de l'interaction entre
l'individu et l'environnement avait été exhaustive.
Une analyse plus complète n'implique pas nécessairement que davantage
d'informations soient obtenues sur un cas spécifique, mais favorise plutôt une
meilleure compréhension du fonctionnement général des stimuli. Une description
informelle néglige de nombreux aspects cruciaux. Par exemple, un dossier
médical peut nous informer qu'à un jour précis, le patient a vu quelqu'un qu'il
connaissait l'approcher de l'autre côté de la rue, et ce fait est considéré comme
significatif pour interpréter le comportement du patient ; il faut simplement dire
que « X a vu Y de l'autre côté de la rue » ne nous prépare pas à d'autres questions
pertinentes.
On peut se demander quels aspects visuels ont conduit X à identifier la
personne comme Y. La perception de ce fait par X est-elle née d'un stimulus visuel
clair ? Était-ce vraiment Y ou aurait-il pu s’agir d’une erreur ? Si c'était une erreur,
à quel point serait-ce plausible ? Les stimuli de type X ont-ils eu un impact dans
37
le passé, et si oui, quel conditionnement a eu lieu chez les personnes traversant la
rue, que Y soit Y ou non ? Dans quelle mesure la réaction de X découlait-elle d'un
état de peur que Y ne l'évite ? Le conditionnement préalable sur les personnes
traversant la rue impliquait-il quelqu'un d'autre, comme Z, qui ressemble à Y ? Et
si oui, peut-on dire que Y servait de représentation symbolique de Z ?
2.2 Analyse des stimuli
Il existe certains aspects importants de la stimulation qui sont relativement
indépendants des propriétés physiques spécifiques des stimuli et de leur durée
d'efficacité. Ces problèmes peuvent être traités sans considérer si l'organe
récepteur est l'œil ou l'oreille, par exemple, et nous pouvons travailler avec des
valeurs de stimulus qui ne présentent pas de facteurs limitants (Forget et Kehayia,
2005). Lorsqu'on analyse diverses fonctions des stimuli, telles que la provocation,
la discrimination et le renforcement réflexe, il n'est pas toujours nécessaire de
spécifier la nature du stimulus ; il en va de même pour une autre fonction des
stimuli dans le domaine de l'émotion.
Il existe des processus plus généraux qui peuvent être étudiés sans prendre
en compte la forme spécifique d'échange d'énergie en périphérie de l'organisme,
ni si les stimuli suscitent des réflexes, servent de signaux discriminants, renforcent
le comportement ou déclenchent des réponses émotionnelles. Dans l'analyse
suivante, nous nous concentrerons principalement sur le stimulus discriminant,
mais il est probable que chaque processus puisse également être observé dans les
autres fonctions. Lorsqu'il s'agit d'étudier l'impact des stimuli externes sur les
organismes, il convient de prendre en compte certaines limites.
38
Nous ne pouvons entendre des sons que dans une plage de hauteurs et
d'intensités, et nous ne pouvons voir la lumière que dans une plage spécifique
d'intensités et de longueurs d'onde. Des recherches approfondies ont été menées
pour déterminer les seuils de stimulation et les différences mineures de stimulus
qui entraînent des changements comportementaux détectables. Les personnes en
situation de handicap, telles que la cécité ou le daltonisme, ont montré une
réaction différente aux radiations visibles de celles ayant une vision normale.
De même, les personnes malentendantes réagissent différemment aux
tonalités que celles ayant une audition normale. Même les plus petites différences
entre individus ayant des capacités sensorielles normales peuvent avoir des
implications importantes.
Ce type de recherche met souvent l'accent sur le rôle des organes sensoriels,
tels que l'œil ou les papilles gustatives, dans la médiation de l'interaction entre
l'organisme et son environnement ; il est possible que tout le corps soit impliqué
dans ces réactions. Ce qui peut sembler une simple réponse sensorielle dépend
souvent de variables liées au conditionnement, à la motivation et à l'émotion. Pour
examiner en profondeur les variables indépendantes très importantes présentes
dans notre environnement immédiat, nous pouvons commencer par fournir une
description physique.
Il est important de comprendre la structure du monde que nous percevons
par nos sens : ce que nous voyons, entendons, touchons, sentons et goûtons. Nous
ne devrions pas faire d'hypothèses sur ces faits en fonction de leur impact sur
notre corps. Au lieu de cela, nous devrions les décrire en nous appuyant sur les
principes de la physique, tels que ceux de la lumière et du son, ainsi que sur ceux
39
de la chimie des substances par l'odorat et le goût. Il est crucial de se concentrer
uniquement sur les conditions ou les faits qui influencent le comportement.
Nous pouvons évaluer l'importance des différentes dimensions d'un
stimulus en examinant l'effet des différentes valeurs de ces dimensions. C'est-à-
dire qu'après avoir établi une forte tendance à répondre à un point rouge, nous
pouvons observer la fréquence de réponse lors de l'extinction vers des points de
couleurs différentes, telles que orange-rouge, orange, jaune-orange et jaune. Ce
type d'expérience produit un gradient de généralisation ou d'induction.
La réponse du pigeon lors de l'extinction est plus rapide lorsque la couleur
est similaire au rouge, et il peut ne pas répondre du tout si elle est radicalement
différente, comme le vert. Cela montre que la couleur est une caractéristique
importante chez le pigeon. De même, d'autres propriétés des stimuli peuvent
produire des gradients lorsqu'ils sont explorés de manière systématique.
Cette méthode nous permet de déterminer l'importance de différentes
propriétés selon le type de stimulus ; par exemple, si un changement de couleur
est aussi significatif qu'un changement de taille, ou si la couleur est aussi
importante dans les stimuli visuels que le ton l'est dans les stimuli auditifs.
Cependant, toutes les dimensions du stimulus n'ont pas le me deg de
continuité (Auvray et O´Regan, 2003). L'efficacité d'une seule propriété d'un
stimulus, combinée à de nouvelles propriétés, peut être observée dans la vie
quotidienne. Par exemple, nous pouvons nous sentir mal à l'aise avec quelqu'un
que nous venons de rencontrer s'il ressemble à quelqu'un que nous n'aimons pas.
Même une ressemblance subtile peut provoquer une réaction émotionnelle.
40
Ce concept est également présent dans la théorie de Freud, qui suggère que
le conditionnement émotionnel précoce affecte notre adaptation personnelle
ultérieure. Le processus implique la propriété subtile par laquelle une
connaissance ressemble à une personne qui ne l'aime pas et démontre l'efficacité
de cette ressemblance pour susciter une réaction émotionnelle. La ressemblance
peut avoir un impact, que nous en soyons conscients ou non. Nous pouvons
également observer ce processus dans la littérature à travers l'utilisation de
métaphores ; dans le langage métaphorique, l'accent tend à se porter sur
l'organisme plutôt que sur le stimulus.
Le locuteur transfère une description d'une situation à une autre qui lui
rappelle ; dans ce cas, la réponse métaphorique est provoquée par un stimulus qui
partage certaines propriétés avec le stimulus habituel. Par exemple, lorsque
Roméo compare Juliette au soleil, il n'est pas nécessaire de supposer qu'il est
créatif. Nous ne pouvons que supposer que Juliette exerce sur lui un effet
partageant certaines propriétés avec celles du soleil et que, par conséquent, la
réponse verbale « soleil » est renforcée. Il est important de noter que l'explication
d'une métaphore consiste à comprendre pourquoi le terme métaphorique
apparaît, plutôt que d'analyser ses composantes individuelles.
2.3 Discriminateurs
De même, la discrimination évoquée au chapitre VII n'est pas une mesure
prise par l'agence ; lorsque nous différencions les points lumineux rouges et
orange, nous mettons essentiellement en valeur un dégradé naturel. En renforçant
constamment les points rouges et en éteignant les points orange, nous renforçons
41
le contrôle sur la propriété de la couleur rouge, tout en affaiblissant celui sur la
propriété de la couleur orange.
Dans cette expérience, d'autres propriétés des stimuli, telles que la taille, la
forme et la localisation, sont également renforcées et, en même temps, éteintes. Les
personnes qui travaillent avec des peintures, des teintures et d'autres matériaux
colorés sont particulièrement influencées par des contingences dans lesquelles
même de légères différences de couleur peuvent entraîner des différences
significatives dans les conséquences de leur comportement.
Nous les décrivons comme hautement discriminatoires en termes de
couleur ; en réalité, leur comportement reflète simplement des processus de
conditionnement et d'extinction. L'induction, également appelée généralisation,
n'est pas une activité dans laquelle le corps participe activement. Il s'agit plutôt
d'un terme désignant le phénomène le contrôle acquis à un stimulus s'étend à
d'autres stimuli partageant des propriétés communes. En termes plus simples,
cela signifie que le contrôle exercé par l'environnement est partagé entre toutes les
propriétés individuelles du stimulus. Un stimulus lui-même est composé d'une
combinaison de propriétés, mais cette expression ne capture pas pleinement le
degré précis de contrôle exercé par l'environnement.
2.4 Abstraction
Une réponse abstraite n'est acquise que lorsqu'un agent de renfort établit la
contingence nécessaire. Il n'existe pas de contingences naturelles qui favorisent
une réponse à une propriété isolée. La condition requise semble impliquer la
médiation d'autres organisations, ce qui suggère que l'abstraction n'a pu être
possible qu'avec le développement du comportement verbal. Cependant, cela
42
n'implique pas que des réponses abstraites n'auraient jamais pu surgir sans
comportement verbal.
Spéculer sur cette question est très risqué. L'abstraction n'est pas une action
accomplie par l'organisme, mais plutôt une réduction du contrôle exercé par les
propriétés du stimulus. Il ne peut pas être démontré par un seul exemple ; cela
nécessite l'étude de nombreux exemples. Ignorer l'histoire nécessaire pour
formuler une réponse abstraite peut conduire à de mauvaises interprétations du
comportement. Par exemple, lorsqu'un enfant apprend à appeler une couleur
spécifique « rouge », il peut appeler une balle verte « rouge ».
Dans le comportement adulte, la réponse est depuis longtemps sous le
contrôle d'une couleur spécifique, mais dans le comportement infantile, d'autres
propriétés, telles que la taille, la forme et la gérabilité, restent importantes jusqu'à
ce qu'un programme de renforcement différentiel les élimine.
Le comportement peut être contrôlé par des propriétés spécifiques d'un
stimulus, ce qui lui permet d'ignorer les autres. C'est ce qu'on appelle l'abstraction.
La discrimination joue un le dans la compréhension de l'abstraction. Par
exemple, si nous renforçons les réponses associées au point rouge circulaire et
éteignons celles associées aux points circulaires d'autres couleurs, nous pouvons
donner au point rouge le contrôle exclusif du comportement. Il n'est pas tout à fait
vrai que d'autres dimensions des points, telles que la taille, la forme et
l'emplacement, ne soient pas importantes. La réponse est moins probable
lorsqu'on fait face à un objet rouge de taille et de forme différentes. Par
conséquent, la réponse n'est pas uniquement contrôlée par la propriété de couleur,
mais aussi par d'autres propriétés.
43
Pour obtenir un contrôle total grâce à la propriété rouge, nous devons
renforcer les réponses à de nombreux objets rouges, mais qui diffèrent par d'autres
propriétés. En fin de compte, l'organisme ne répond qu'à la propriété du rouge,
comme en témoigne la réponse verbale « rouge ». Il est important de noter que
vous obtenez rarement une réponse entièrement abstraite. Les stimuli qui
possèdent la propriété requise et ressemblent à des cas ordinaires qui la possèdent
peuvent également exercer un certain contrôle. Nous pouvons observer plus
efficacement le développement et l’évolution des abstractions.
Le comportement verbal, soutenu par la communication, a été de plus en
plus isolé des propriétés subtiles de la nature ; parfois, nous pouvons être témoins
directs de ce phénomène, tandis que d'autres fois, nous pouvons faire des
spéculations plausibles sur la manière dont il aurait pu se produire (Noizet, 1972).
L'étymologie fournit souvent des informations précieuses.
Par conséquent, le mot « probabilité » provient d'un terme désignant le
résultat d'un lancer de ou de pièce. Un aspect important de cette origine est
l'incertitude du résultat, similaire à celle d'autres événements où rien ne tombe
physiquement, comme le pioche d'une carte d'un jeu de cartes, par des
transpositions métaphoriques sur plusieurs siècles au sein d'une communauté
verbale ; le terme a évolué et est désormais utilisé par les mathématiciens
modernes.
2.5 Contrôle du stimulus
Induction croisée.
44
À certaines occasions, nous observons des situations une réponse est
influencée par deux stimuli qui ne partagent aucune caractéristique physique. Si
un individu a été conditionné à répondre séparément à chacun de ces stimuli, il
n'y a pas besoin d'explication ; cependant, il existe des cas cela ne semble pas
être le cas. Il semble que l'induction se produise même lorsqu'il n'y a pas de
propriétés communes entre les stimuli ; il peut y avoir une connexion
intermédiaire à découvrir.
Les picotements et les sensations de douleur sont appelés « aigus ». Il est
important de noter que des goupilles pointues peuvent provoquer une douleur
aiguë. Par conséquent, il n'est qu'un petit saut de passer de dire « l'évêque pique
» à affirmer « la douleur causée par l'évêque est aiguë ».
Une fois cette pratique linguistique établie au sein d'une communauté, la
réponse est généralement apprise séparément dans chaque cas et n'est plus
considérée comme une conclusion. Une autre explication possible serait la
présence d'un comportement intermédiaire commun. Par exemple, lorsque
Samuel Butler a vu le Wetterhorn, il s'est surpris à fredonner un air de Haendel. Il
semblait que l'image visuelle du Wetterhorn et le stimulus auditif du mot « pente
» surgissent simultanément.
Dans ce scénario, il semble qu'une réponse auditive ait été émise qui, d'une
certaine manière, ressemblait au stimulus visuel. On peut supposer que Butler n'a
pas entendu le mot « pente » en regardant le Wetterhorn, ni vu la phrase musicale.
Ce résultat peut s'expliquer si l'on suppose que les deux stimuli étaient capables
d'évoquer des réponses comportementales similaires. Peut-être que Butler, en tant
45
qu'artiste amateur, avait appris à associer certaines réponses spatiales aux notes
aiguës et graves lorsqu'il jouait d'un instrument ; vous avez peut-être appris à
répondre aux signaux visuels par des gestes d'imitation.
Ces comportements courants auraient pu servir de base à la réponse. La ligne
mélodique de l'aria pouvait susciter une réponse, souvent suivie de la réflexion de
Wetterhorn, tandis que le profil de Wetterhorn pouvait susciter une réaction qui,
à son tour, déclenchait une stimulation, souvent suivie d'un fredonnement imitatif
ou d'une réponse verbale de « Haendel ». Dans ce cas particulier, la réponse
verbale « hillside » constitue un exemple clair de comportement médiateur ; le
flanc de la montagne renforce cette réponse, car il fait partie du schéma auditif de
l'air. Cette spéculation ne fournit pas de preuves concrètes, mais elle suggère une
explication du phénomène d'induction d'un champ sensoriel à un autre et propose
une solution au problème.
Réponse à une relation.
Lorsqu'un organisme a été entraîné à choisir un disque de cinq pouces plutôt
qu'un de trois pouces, si les deux disques sont présentés ensemble, il est probable
qu'il choisira un disque de sept pouces lorsqu'il est présenté à côté du disque de
cinq pouces. Cette observation a souvent servi à critiquer le principe de stimulus.
Si le disque de cinq pouces est le stimulus de contrôle, pourquoi n'est-il pas
efficace dans cette nouvelle combinaison ? En réalité, un organisme peut être
conditionné à toujours choisir le plus grand des deux objets ou à choisir une taille
spécifique, quelle que soit la taille de l'objet qui l'accompagne. Ce
46
conditionnement commence tôt dans la vie d'un individu et le comportement
dominant lors des tests dépend de ses expériences passées.
Ce concept est important dans la plupart des environnements : lorsqu'un
organisme se déplace, les renforts reposent sur la taille relative plutôt que sur la
taille absolue. Si la relation entre les stimuli peut être décrite en termes physiques,
il n'y a aucune difficulté à comprendre l'induction des stimuli dans les sciences
naturelles. Cependant, lorsque cela n'est pas possible, nous devrions envisager
d'autres options, comme le comportement intermédiaire mentionné ci-dessus.
Même des organismes relativement simples, comme les pigeons, peuvent
réagir de manière appropriée à de nouveaux stimuli en fonction de la taille, de
l'intensité, de la position relative et d'autres facteurs. Ils peuvent aussi s'habituer
à ignorer ces propriétés et à transférer la réponse à une autre propriété. Toutes les
propriétés pertinentes peuvent être décrites en termes physiques.
2.6 Le stimulus pour l'interpréter
Un autre problème, qui a suscité une attention excessive dans le domaine
du contrôle des stimuli, est le résultat de réflexions philosophiques sur la véritable
nature du monde extérieur. Lorsqu'un organisme réagit à un stimulus comme s'il
possédait des propriétés différentes, cela suggère que le monde perceptif qu'il vit
diffère du monde réel. Cependant, la disparité réside dans les mêmes réponses,
soit entre deux organismes, soit au sein d'un même organisme exposé à différentes
formes de stimulation dans des circonstances identiques (Dal Pozzolo, 2024). Par
exemple, je peux croire à tort que j'ai pris mon manteau sur un portant de
restaurant, pour finalement réaliser, en inspectant les poches, que je me trompe.
47
De même, je peux d'abord percevoir un objet suspendu dans les airs comme
un avion, mais réaliser ensuite qu'il s'agit en réalité d'un oiseau en vol. Ces cas
montrent que nos croyances sur les propriétés des objets peuvent évoluer en
fonction de nouvelles informations ou de nouvelles perspectives. Il est important
de noter que ces différences de réponses n'indiquent pas de distinction entre un
monde « perceptif » et le monde réel. Ce sont simplement des variations, en
réponse à une source de stimulation commune, qui surviennent à des moments
différents.
Pour mieux illustrer cela, considérons le scénario l'on observe un léger
brouillard au loin, à la lisière de la forêt. Ce stimulus peut être interprété comme
du « brouillard » ou de la « fumée », selon les circonstances générales dans
lesquelles nous associons normalement ces réponses verbales. Cependant, les
réponses non verbales appropriées diffèrent considérablement selon les deux
interprétations. Malgré cette divergence, il est important de reconnaître que les
réponses verbales et non verbales sont valides et appropriées, compte tenu de la
situation. Les objets ont la capacité de générer divers types de stimuli,
interconnectés de certaines manières. Certaines formes de stimulation sont plus
susceptibles de susciter de « bonnes » réponses c'est-à-dire des réponses
conduisant à un comportement efficace.
Il est erroné de supposer que ces réponses nous rapprochent de la véritable
nature de la réalité ; notre perception des propriétés visuelles et tactiles des objets
nous permet d'interagir avec eux avec succès (Simondon, 1965). Par exemple,
lorsque nous regardons un objet carré sous différents angles ou le plaçons à côté
48
d'une échelle de mesure, cela génère des stimuli visuels, accompagnés d'autres
stimuli. De même, la manipulation de l'objet génère des stimuli tactiles.
Il est donc possible de construire un objet qui, vu sous un angle spécifique,
fournit la stimulation caractéristique d'un objet carré, mais qui, lorsqu'il est
manipulé, mesuré ou observé sous d'autres perspectives, génère des stimuli
différents. Dans de tels cas, des réponses incohérentes peuvent nous amener à
remettre en question notre perception initiale de l'objet comme « carré », mais cela
ne signifie pas nécessairement que notre réponse visuelle initiale était incorrecte
quant à sa correspondance avec la réalité. Notre perception du monde ne se limite
pas au monde de la physique ; au contraire, les organismes en font partie
intégrante et y réagissent de diverses manières. Ces réponses peuvent être
cohérentes ou incohérentes entre elles, mais les décrire pose généralement peu de
difficulté.
2.7 La privation et la satiété
Une autre façon d'exprimer la nature adaptative de l'augmentation de la
probabilité est le concept d'équilibre : on soutient que la privation modifie un
certain type d'équilibre que le comportement tend à restaurer. Les physiologistes
se sont particulièrement intéressés à la tendance des systèmes vivants à maintenir
ou à rétablir l'équilibre, que V. B. Cannon a appelée homéostasie. Bien que la
notion d'équilibre corresponde à l'analyse fonctionnelle, il est important de ne pas
les confondre (Piaget, 1964). Une étude d'équilibre peut prédire l'évolution du
comportement en réponse à une variable indépendante, mais elle ne fournit pas
beaucoup d'informations supplémentaires. Définir et observer l'équilibre est
difficile ; il est donc plus avantageux de se concentrer sur la manière dont la
49
privation affecte la probabilité d'un comportement pertinent, sans mentionner
explicitement l'équilibre. Un seul acte de privation peut simultanément accroître
l'intensité de plusieurs types de comportement.
C'est-à-dire que, au fil du temps, sans que le nouveau-né soit nourri,
l'intensité du réflexe de succion augmente et les mouvements de la tête deviennent
plus énergiques en réponse à la stimulation tactile des joues et de la bouche, ce qui
permet à l'enfant de mieux positionner sa tête pour recevoir le sein. Rapidement,
de nombreuses autres formes de comportement sont également renforcées. De
même, lorsqu'un adulte reste sans boire d'eau pendant une longue période, une
large gamme d'opérants est renforcée. Non seulement la personne boira
volontairement lorsque l'eau sera disponible, mais elle pourra aussi effectuer
diverses activités pour en obtenir, comme aller à la cuisine ou à la fontaine, ou
commander un verre.
La reconnaissance que l'environnement peut influencer le comportement
d'un organisme a conduit à une surutilisation du concept de stimulus. Les auteurs
ont commencé à attribuer des stimuli à des situations aucun ne pouvait être
observé et ont identifié diverses circonstances internes comme facteurs stimulants.
Cette généralisation excessive affaiblissait le principe de stimulus et conduisait à
l'abandon de ce principe au profit de formulations plus vagues. Pour restaurer
une bonne compréhension des stimuli, il est important de distinguer leurs
fonctions. Il est incorrect de classer certains effets environnementaux comme des
stimulations. Par exemple, priver un organisme de nourriture peut
involontairement le stimuler, mais ce n'est pas l'objectif principal de la privation.
50
L'effet principal porte plutôt sur la consommation alimentaire et le comportement
d'un chiot affamé lorsqu'il approche de son lieu habituel de déjeuner.
2.8 Besoins
En termes traditionnels, un organisme adopte des comportements en
fonction de ses besoins et de ses désirs spécifiques. Par exemple, vous buvez de
l'eau parce que vous avez besoin d'hydratation, vous faites une promenade pour
satisfaire votre besoin d'exercice, vous respirez profondément et rapidement pour
obtenir l'air nécessaire, et vous mangez voracement pour assouvir votre faim. Ces
besoins, désirs et faims sont des causes internes ; on pense souvent qu'ils ont
plusieurs dimensions.
Les besoins et désirs sont généralement considérés comme de nature
psychologique, mais ces termes sont également utilisés me lorsqu'il n'y a pas
d'aspect mental observable. Parfois, l'effet interne est déduit du mécanisme
déterminant l'intensité du comportement (Arcand et Brissette, 2024). Par exemple,
si quelqu'un n'a pas bu d'eau pendant une longue période, il s'ensuit qu'il « doit
avoir soif » et qu'il boira probablement quand il en aura l'occasion.
En revanche, l'effet interne peut aussi être déduit du comportement lui-
même. Par exemple, si vous voyez quelqu'un boire de grandes quantités d'eau,
vous pouvez conclure avec certitude qu'il a très soif. Dans le premier cas, le facteur
interne est déduit d'une variable indépendante précédente, qui prédit la variable
dépendante suivante. Dans le second cas, le fait interne est déduit de l'événement
qui le suit et attribué à l'histoire de privation qui l'a précédé. Il est important de
noter que déduire le fait interne n'explique pas le comportement et ne contribue
pas à une analyse fonctionnelle. Bien que les besoins et les désirs soient
51
couramment utilisés dans les conversations quotidiennes, de nombreux
spécialistes du comportement ont tenté d'établir des états intermédiaires
hypothétiques similaires, les traitant comme des concepts scientifiques légitimes.
Ces états peuvent être perçus comme le résultat de la privation et se caractérisent
par une probabilité plus élevée de provoquer une réponse. Au lieu d'utiliser les
termes « besoins » et « désirs », qui portent des connotations, on emploie parfois
le terme « impulsion ». Une impulsion n'est pas nécessairement un état mental ou
physiologique ; c'est simplement une façon pratique de désigner les effets de la
privation et de la satiété, ainsi que d'autres facteurs susceptibles de modifier la
probabilité de ce comportement.
Le concept de faim comme impulsion nous permet d'englober diverses
relations et phénomènes sous un même terme. Par exemple, il existe plusieurs
façons de modifier la probabilité qu'un organisme mange, et un seul type de
privation peut renforcer différents types de comportements ; ainsi, le concept de
la faim comme moteur englobe ces diverses relations et phénomènes sous un seul
terme. La simplicité apparente du concept de motivation peut nous tromper, mais
le même principe s'applique aussi à nos besoins et à nos désirs.
Peu importe la manière dont nous les conceptualisons, nous ne pouvons
pas négliger la diversité inhérente aux données. La motivation sert d'outil
linguistique pour transmettre le niveau d'intensité ou de force, mais échoue face
aux questions expérimentales. Nous ne pouvons pas exercer un contrôle direct sur
le comportement d'un organisme simplement en modifiant sa faim, sa soif ou ses
pulsions sexuelles (Detry, 2014). Au contraire, nous devons influencer
52
indirectement ces États, manipuler les facteurs pertinents de privation et de
satiété, et gérer les complexités qui découlent de telles opérations.
2.9 Le Drive n'est pas un stimulus
Il existe une croyance commune selon laquelle la privation a un impact sur
le corps en générant un stimulus ; cela se manifeste souvent par la sensation de
faim. Lorsqu'un organisme reste longtemps sans manger, les contractions de
l'estomac vide s'activent de diverses manières. Cette stimulation est souvent
associée au désir de manger, également appelé faim. Il est important de noter que
cette stimulation n'est pas étroitement liée à la probabilité de manger réellement.
Les douleurs de faim ne surviennent que dans une plage limitée de la
probabilité continue de manger. Dans la plupart des cas, nous consommons des
aliments avant d'atteindre un état de privation qui provoque de la douleur, et
continuons à manger même après que les premières bouchées ont soulagé toute
gêne. Les tentatives de trouver un stimulus similaire dans d'autres impulsions ont
échoué et ont parfois été ridiculisées.
Pour citer, la sensation de sécheresse dans la gorge ne correspond pas
toujours au désir de boire, quel que soit le niveau de privation. De même, toute
stimulation comparable à celle de la privation sexuelle n'est pas fortement corrélée
à la probabilité de présenter un comportement sexuel. Il est important de noter
qu'un drive, tel que défini ci-dessus, n'est pas un stimulus.
La simplicité apparente du concept de motivation peut être trompeuse, tout
comme la manière dont nos besoins et nos désirs fonctionnent. Peu importe la
manière dont nous les conceptualisons, ils ne peuvent pas effacer la diversité
53
inhérente aux données existantes. Le drive est simplement un outil linguistique
que nous utilisons pour décrire un état à forte intensité, mais il est insuffisant pour
répondre à des questions expérimentales (Daniel, 2022).
Nous ne pouvons pas contrôler directement le comportement d'un
organisme en modifiant sa faim, sa soif ou ses pulsions sexuelles ; nous devons
modifier indirectement ces états en manipulant les facteurs pertinents de privation
et de satiété, ce qui, en soi, est une tâche complexe qui nous oblige à naviguer dans
toutes les dimensions impliquées.
La croyance commune est que la privation affecte le corps, créant un
stimulus ; l'exemple classique est la faim. Lorsque le corps reste longtemps sans
manger, les contractions de l'estomac vide s'intensifient. Cette stimulation est
généralement déterminée par la faim ; elle n'est pas étroitement liée à la probabilité
de manger. Les douleurs de la faim ne se caractérisent que par une petite partie
de la plage où la probabilité varie constamment.
Nous mangeons normalement sans atteindre un état de privation nous
ressentons de la douleur, et nous continuons à manger après que la première
bouchée a cessé toute douleur qui aurait pu survenir. Les tentatives de trouver des
stimuli similaires dans d'autres motifs non seulement échouaient, mais étaient
parfois ridiculisées. La gorge sèche ne variait pas de manière constante avec la
tendance à boire sur toute l'échelle de la privation. Toute stimulation similaire
dans une situation de privation sexuelle ne reflète pas fidèlement la probabilité
d'un comportement sexuel. Un lecteur, tel que défini ci-dessus, n'est pas un fichier.
54
2.10 La motivation n'est pas un état physiologique
Même lorsque nous observons directement ces conditions internes, elles ne
suffisent pas toujours à contrôler le comportement. Par exemple, en recherche de
laboratoire, le poids corporel d'un organisme est souvent utilisé comme indicateur
de privation alimentaire. En maintenant le corps à un pourcentage précis de son
poids au moment de l'alimentation, nous pouvons maintenir un certain niveau de
motivation.
Le poids est facilement mesurable et est souvent une conséquence directe
d'un historique de privation, ce qui en fait un substitut potentiel à cette histoire ;
puisque nous ne pouvons modifier le poids d'un organisme qu'en manipulant son
historique de privation, il ne peut pas servir de substitut pratique à des fins de
contrôle, nous ne pouvons pas affirmer de manière définitive que le poids d'un
organisme est le seul facteur à provoquer la faim. Certaines conditions internes,
liées à un niveau de privation, peuvent jouer un rôle dans la détermination du
comportement.
Si nous avions une connaissance suffisante et indépendante de ces
conditions, nous pourrions prédire le comportement sans dépendre d'un
historique de privation. Il est peu probable que nous ayons, à ce moment-là, une
telle connaissance d'un organisme spécifique pour qu'elle soit utile aux
prédictions. De plus, il est encore moins probable que nous puissions créer
directement les conditions internes nécessaires pour contrôler le comportement.
Si nous essayons d'inférer ces conditions à partir d'une histoire de privation, ou
de les induire en créant une telle histoire, elles n'auront finalement aucune utilité
pratique pour nous permettre de vivre sans privation.
55
2.11 Le moteur n'est pas un état physique
Il arrive qu'on dise qu'une personne a une forte tendance à mâcher du
chewing-gum, non pas parce qu'elle a ressenti une privation, mais simplement
parce qu'elle aime mâcher. Il peut y avoir une certaine privation sous-jacente qui
influence cette tendance, mais lorsque le terme est utilisé de cette manière, il ne
tient pas compte de ces facteurs. Il est également possible que l'intensité de ce
comportement soit influencée par d'autres variables sans lien avec la motivation.
D'autres mots souvent utilisés pour décrire l'intensité du comportement,
tels que « désir », « complexe » et « désir », ne sont pas nécessairement liés à la
privation. La probabilité de la réaction d'une personne peut être influencée par
plusieurs types de variables, dans lesquelles la privation peut jouer un rôle
secondaire. Par exemple, la forte motivation d'un joueur, son complexe de joueur
ou son désir de jouer ne sont pas forcément principalement motivés par un
sentiment de privation, car un programme de renforcement bien conçu qui fournit
régulièrement des récompenses entraînerait une forte probabilité de réaction,
même avec un faible niveau de privation.
Plusieurs exemples illustrent comment le comportement peut être contrôlé
par la privation et la satiété, mettant en lumière la manière dont les états
intermédiaires peuvent être efficacement évités. La privation est couramment
utilisée pour manipuler des comportements, comme restreindre l'accès à l'eau
pour augmenter la probabilité qu'un enfant boive du lait ou retarder le service
dans un restaurant pour accroître la satisfaction face à un menu simple. De même,
garder un prisonnier « en isolement » peut augmenter la probabilité qu'il parle
lors d'un interrogatoire policier, tout comme réduire les rations peut encourager
56
la population à coopérer avec les autorités qui contrôlent l'approvisionnement
alimentaire.
De plus, maintenir l'intérêt de l'enfant pour les jouets en les offrant un à la
fois constitue un autre exemple de contrôle fondé sur la privation. Des procédures
similaires peuvent être observées, telles que d’inciter les invités à consommer
davantage de cocktails en leur servant des pâtisseries salées, ou d’intensifier le
comportement sexuel en administrant certaines hormones ou des aphrodisiaques.
Il est important de noter que l'établissement de ces conditions nécessite un
contrôle rigoureux, que ce soit à des fins théoriques ou pratiques, et que, parfois,
des circonstances fortuites sont mobilisées.
Par exemple, les bordels et établissements de divertissement dans les ports
profitent des difficultés rencontrées par les marins en mer. En temps de guerre,
une privation généralisée survient et peut être exploitée à diverses fins, tant
théoriques que commerciales. En revanche, la satiété est une autre technique
utilisée pour contrôler le comportement.
Dans un restaurant proposant un menu à prix fixe, servir une grande
quantité de pain avant de préparer le plat principal peut aider à gérer les portions
sans se plaindre. De même, l'abondance des hors-d'œuvre peut masquer la rareté
du repas suivant. La prostitution légalisée peut également être recommandée
comme moyen de réduire les comportements sexuels chez certaines personnes qui
pourraient autrement adopter des comportements indésirables. De plus, le
rationnement du pain peut être mis en place pour atténuer la violence liée à une
nutrition insuffisante, et en milieu clinique, l'attention, l'approbation et l'affection
peuvent être mobilisées pour réduire les comportements agressifs ou indésirables.
57
Une autre méthode, similaire à la satiété, consiste à administrer des médicaments
afin de réduire la probabilité de comportements sexuels. Tous ces exemples
peuvent être compris en termes d'« impulsions ».
Désormais, consommer des hors-d'œuvre bon marché peut donner soif aux
invités, ce qui les incite à boire davantage. Il est plus simple et plus pratique de se
concentrer sur la relation directe entre la consommation d'hors-d'œuvre salés et la
boisson. Il est important de distinguer ces procédures du conditionnement
opérant, dans lequel le comportement est contrôlé par une forme différente de
privation (Dubois, 2008). Par exemple, un gouvernement qui offre des
récompenses pour avoir des enfants afin d'augmenter le taux de natalité ne réduit
pas directement les privations qui limitent la procréation.
Au contraire, le comportement est renforcé en vous exposant à un ensemble
plus vaste de privations. Ce renforcement peut être renforcé en privant les gens
d'argent ou de biens pouvant être achetés, par exemple, au moyen de lourdes
taxes. Au contraire, l'effet peut être atténué en rassasiant le sujet avec de l'argent
ou des avantages associés ; par exemple, un employeur répondant à de telles
incitations peut augmenter les salaires pour décourager les employés de créer de
nombreuses familles. Tant que ces récompenses restent en vigueur, les
modifications du temps de repos ou de l'assurance chômage peuvent affecter le
taux de natalité. Il convient de noter que le niveau de privation sexuelle ne varie
pas nécessairement dans ces situations.
2.12 Quelques questions sur le Drive
Plusieurs exemples illustrent comment le comportement peut être contrôlé
par la privation et la satiété, mettant en lumière la manière dont les états
58
intermédiaires peuvent être efficacement évités. La privation est couramment
utilisée pour manipuler des comportements, comme restreindre l'accès à l'eau
pour augmenter la probabilité qu'un enfant boive du lait ou retarder le service
dans un restaurant pour accroître la satisfaction face à un menu simple (Ajzen,
1991).
De même, maintenir un prisonnier « en isolement » peut augmenter la
probabilité qu'il parle lors d'un interrogatoire policier, de la même manière que
réduire les rations peut encourager la population à coopérer avec les autorités qui
contrôlent l'approvisionnement alimentaire, maintenir l'intérêt d'un enfant pour
les jouets en les offrant un par un est un autre exemple de contrôle fondé sur la
privation.
Des procédures similaires peuvent être observées, telles que d’inciter les
invités à consommer davantage de cocktails en leur servant des pâtisseries salées,
ou d’intensifier le comportement sexuel en administrant certaines hormones ou
des aphrodisiaques. Il est important de noter que l'établissement de ces conditions
nécessite un contrôle rigoureux, que ce soit à des fins théoriques ou pratiques, et
que, parfois, des circonstances fortuites sont mobilisées.
Dans certains cas, les bordels et établissements de divertissement dans les
ports profitent des difficultés rencontrées par les marins en mer ; En temps de
guerre, il existe des privations généralisées qui peuvent être exploitées à diverses
fins, tant théoriques que commerciales. En revanche, la satiété est une autre
technique utilisée pour contrôler le comportement. Par exemple, dans un
restaurant proposant un menu à prix fixe, servir une grande quantité de pain
avant de préparer le plat principal peut aider à gérer les portions sans se plaindre.
59
De même, l'abondance des hors-d'œuvre peut masquer la rareté du repas
suivant. La prostitution légalisée peut également être recommandée comme
moyen de réduire les comportements sexuels chez certaines personnes qui
pourraient autrement adopter des comportements indésirables. De plus, le
rationnement du pain peut être mis en place pour atténuer la violence liée à une
nutrition insuffisante, et en milieu clinique, l'attention, l'approbation et l'affection
peuvent être mobilisées pour réduire les comportements agressifs ou indésirables.
Une autre méthode, similaire à la satiété, consiste à administrer des
médicaments afin de réduire la probabilité de comportements sexuels. Tous ces
exemples peuvent être compris en termes d'« impulsions ». Par exemple,
consommer des hors-d'œuvre bon marché peut donner soif au client, ce qui le
pousse à boire ; il est plus simple et plus pratique de se concentrer sur la relation
directe entre la consommation d'hors-d'œuvre salés et la boisson.
Il est important de distinguer ces procédures du conditionnement opérant,
dans lequel le comportement est contrôpar une forme différente de privation.
Par exemple, un gouvernement qui offre des récompenses pour avoir des enfants
afin d'augmenter le taux de natalité ne réduit pas directement les privations qui
limitent la procréation. Au contraire, le comportement est renforcé en vous
exposant à un ensemble plus vaste de privations. Ce renforcement peut être
renforcé en privant les gens d'argent ou de biens pouvant être achetés, par
exemple par de lourdes taxes.
Au contraire, l'effet peut diminuer en rassasiant le sujet en lui offrant de
l'argent ou des avantages associés. Par exemple, un employeur répondant à de
telles incitations peut augmenter les salaires afin de courager les employés de
60
créer de nombreuses familles. Tant que ces récompenses restent en vigueur, les
changements de congés ou d'assurance chômage peuvent affecter le taux de
natalité ; il convient de noter que le niveau de privation sexuelle n'est pas
nécessairement affecté dans ces scénarios.
Si la probabilité reste constante, la durée du trajet n'est pas affectée. La
production de larmes en réponse à l'irritation reste constante et peut être due à
d'autres facteurs, ce qui indique qu'il ne s'agit pas d'une impulsion visant à
éliminer des substances étrangères des yeux. En substance, nous nous demandons
combien de comportements différents varient en intensité, indépendamment les
uns des autres. Cela nous permet de distinguer des comportements tels que la
nourriture, la consommation d'alcool et les comportements sexuels, ainsi que leurs
sous-catégories.
Lorsque les chances de manger deux types d'aliments varient toujours
ensemble, on suppose que c'est à la faim normale. Cependant, si un organisme
peut facilement consommer du sel à un moment donné et du sucre à un autre, cela
montre qu'il existe des faims distinctes pour le sel et le sucre. Ces changements
s'accompagnent probablement de processus distincts de sentiment de satisfaction
et de privation, bien qu'ils ne soient pas inclus dans la définition traditionnelle de
la faim.
La satiété et la privation jouent un le important dans le renforcement
opérant. Quand un organisme a faim, la nourriture sert à la fois de source de
satisfaction et de renforcement ; il est important de distinguer ces effets, qui
peuvent parfois être complexes (Ouellet, 2014). Dans le renforcement, la
présentation de la nourriture dépend d'une réponse et nous pouvons satisfaire le
61
corps sans renforcer si nous évitons cette contingence. Au contraire, nous pouvons
renforcer sans provoquer de satiété significative, voire avant qu'elle ne se
produise. Il existe un lien inhérent entre les deux processus : les effets du
renforcement opérant ne seront pas observés si l'organisme n'a pas été
suffisamment privé.
Ainsi, le résultat du renforcement n'est pas simplement le renforcement du
comportement, mais plutôt le renforcement du comportement dans un état
spécifique de privation. De cette manière, le renforcement soumet le
comportement à un contrôle adéquat de la privation. Pour illustrer en détail
l'impact de la privation, le conditionnement et l'extinction d'une réponse peuvent
être réalisés à différents niveaux de privation.
En renforçant une réponse chez un groupe d'organismes soumis au même
niveau de privation et en l'éteignant en sous-groupes à différents niveaux, on
observe que le nombre de réponses pendant l'extinction dépend du niveau de
privation : plus l'organisme est affamé, plus il émet de réponses pendant
l'extinction. Inversement, si le conditionnement a lieu à différents niveaux puis
s'éteint au même niveau, il est surprenant de constater que les deux courbes
d'extinction de la seconde expérience présentent un nombre de réponses très
proche. Ainsi, l'effet de la privation se fait sentir pendant l'extinction plutôt que
pendant le conditionnement.
L'utilisation pratique de cette relation en révèle les points fondamentaux :
si nous voulons encourager quelqu'un à prendre un taxi, nous devons renforcer
tout comportement qui implique la nécessité d'un taxi ; nous n'avons pas à priver
quelqu'un d'un taxi. S'ils ont déjà un taxi, ils n'en arrêteront pas un autre, car cela
62
interfère avec d'autres comportements ; des renforts étendus confirment ce
résultat. Ils sont importants car ils sont efficaces face à diverses privations et
certaines d'entre elles sont susceptibles d'apparaître à un moment donné.
L'absence d'une privation spécifique pourrait nous amener à supposer
l'existence d'une impulsion distincte d'un renforcement généralisé immédiat.
Même si nous sommes prêts à abandonner le concept d'une impulsion spécifique,
nous pouvons toujours défendre des impulsions liées à l'attention, à l'approbation,
à l'affection, à la domination ou à l'argent (Châtel et Roy, 2008). Pour justifier
l'attribution de pulsions distinctes à des comportements ainsi renforcés, il serait
nécessaire de démontrer qu'il est possible de priver ou de satisfaire un organisme
par des quantités spécifiques d'attention, d'approbation, etc.
Une autre interprétation est que l'impulsion humaine fondamentale est le
désir de domination. Ce concept de domination, en tant que renforcement
généralisé, est particulièrement significatif. Des renforcements biologiques plus
spécifiques ne sont souvent reçus qu'après que le comportement récurrent a
effectivement « dominé » l'environnement physique ou social. En ce sens, on peut
considérer que tout comportement est motivé par le désir de domination. Nous
avons observé que l'existence d'un moteur différent n'est pas nécessaire lorsque le
renforcement est plus généralisé ; la dominance peut être renforcée et, par
conséquent, être importante en tant que variable de contrôle.
Une personne peut en venir à prendre plaisir à dominer les autres, de la
même manière qu'un avare accumule de l'argent pour le plaisir de le posséder ; il
ne semble pas y avoir de privation ni de satiété directement liées au désir de
domination lui-même. Priver quelqu'un de sa domination signifierait organiser
63
les circonstances pour qu'il ne puisse pas dominer le monde physique ou la société
; dans de telles circonstances, il connaîtrait probablement des privations qui
pourraient plus tard être attribuées à un renforcement général de son
comportement. Inversement, lorsque nous changeons le comportement de
quelqu'un en lui permettant de faire ce qu'il veut, cela peut donner l'impression
de satisfaire sa soif de domination.
Il est fort probable que nous modifions également certaines privations ou
circonstances primaires qui agissent comme des aversifs, ce qui sera discuté au
chapitre XI. L'effet étonnamment répandu de nombreuses privations ou
d'associations spécifiques soulève des questions quant à l'ampleur de la volonté
de domination. Quelqu'un qui a tendance à dominer divers aspects de la vie peut
connaître des changements importants à la suite d'un mariage chanceux ou même
d'un repas satisfaisant en moins de temps.
Les efforts visant à réduire toute motivation humaine à un seul besoin
d'approbation, d'affection ou à tout autre facteur spécifique font face à la même
critique. Il existe un autre domaine où il est bénéfique de se concentrer sur les
processus de satiété et de privation plutôt que sur une impulsion spécifique
(Tessier, 2024). Par le passé, il y a eu des tentatives de simplifier toute motivation
en une seule impulsion primaire, comme l'accent mis par Freud sur le sexe.
Le débat sur la question de savoir si certaines activités sont essentiellement
sexuelles peut être interprété de deux manières, selon que l'on privilégie la
variable dépendante ou la variable indépendante. Si l'on dit que les activités
artistiques et musicales expriment des pulsions sexuelles, cela signifie que le
64
comportement dans ces domaines partage des similitudes avec le comportement
sexuel.
Entre autres, un sculpteur modélisant une figure humaine peut se
comporter de manière similaire à un corps humain réel, et certains aspects du
comportement musical peuvent ressembler à des schémas temporels de
comportement sexuel. En gros, cela signifie qu'il y a une induction d'un stimulus
ou d'une réponse à un autre, fondée sur la similarité ; il est souvent difficile de
déterminer si deux situations ou actions sont suffisamment similaires pour
justifier cette explication.
Nous devons souvent déduire l'importance d'un point de similarité de son
effet sur le comportement. D'un autre côté, nous pouvons aborder le problème en
nous demandant si la probabilité d'un acte sexuel varie en fonction de la privation
sexuelle ou de la satiété. Si oui, cela peut être considéré comme sexuel, même si
cela ne ressemble pas visiblement à un comportement sexuel.
65
Chapitre III
Motivation et apprentissage : schémas
de comportement
Malgré de nombreuses recherches, il a été difficile de démontrer que
chaque émotion puisse être distinguée des autres sur la base de schémas de
réponse spécifiques des glandes et des muscles à fibres lisses. Bien qu'il existe
certains schémas de réponse caractéristiques, les différences entre les émotions ne
sont souvent pas significatives et ne correspondent pas aux distinctions typiques.
Ces réactions ne constituent pas un diagnostic définitif d'émotion en
général, car elles peuvent aussi survenir dans d'autres circonstances, comme lors
d'un exercice intense ou d'une exposition à un vent glacial. En considérant l'aspect
psychologique, on soutient qu'une circonstance externe déclenche une réponse
émotionnelle, qui incite ensuite à une action appropriée. La théorie influente de
James-Lange, formulée par William James et Carl G. Lange, remet en question
cette notion.
Selon cette théorie, les individus ne ressentent pas la cause interne de
l'émotion elle-même, mais ne perçoivent qu'une partie de leur propre
comportement émotionnel. James a exprimé cette idée avec éloquence en
affirmant que « nous sommes tristes parce que nous pleurons, en colère parce que
nous frappons, effrayés parce que nous tremblons », plutôt que la croyance
66
commune selon laquelle nous pleurons, frappons ou tremblons parce que nous
sommes tristes, en colère ou effrayés.
Cette théorie a mis en lumière l'importance d'étudier les changements
physiologiques que nous percevons lors des expériences émotionnelles et, à
certains égards, a assimilé le lien psychologique intermédiaire à celui du lien
physiologique. Les émotions constituent un excellent exemple de facteurs
intangibles que nous attribuons souvent au comportement (Lussier et al., 2018).
Nous nous livrons à l'évasion par peur et recourons à la violence par colère
; nous les trouvons paralysés par la colère et consumés par la tristesse. Ces
émotions, à leur tour, sont souvent liées à des événements passés ou à des
circonstances présentes qui suscitent en nous la peur, la colère ou la tristesse. Cette
chaîne causale bien connue se compose de trois éléments clés : le comportement,
l'émotion et l'événement externe précédent. Le lien intermédiaire peut être
considéré comme de nature psychologique ou physiologique dans l'étude de ce
qui se passe « dans l'émotion » ; les scientifiques sont désavantagés.
Alors que la personne moyenne peut facilement identifier et classer les
émotions avec un haut degré de certitude, les scientifiques, en se concentrant sur
les réponses des glandes et des muscles lisses, ainsi que sur les comportements
significatifs, ont du mal à distinguer clairement même des émotions relativement
nuancées, comme la colère et la peur. Il semble que peu d'attention ait été portée
à certaines des méthodes d'identification les plus couramment utilisées par la
personne moyenne.
67
La personne moyenne ne détermine pas qu'une personne est en colère
uniquement à cause de la dilatation de petits vaisseaux sanguins, qui provoque
des rougeurs, un pouls accéléré ou la contraction de certains muscles rappelant un
comportement animal primitif. Toutes ces réponses physiologiques peuvent
survenir sans expérience émotionnelle préalable.
La personne moyenne peut souvent percevoir la colère de quelqu'un sans
en être consciente, comme lorsqu'elle croit qu'une personne en colère a écrit une
lettre. De même, ils peuvent reconnaître la peur d'une personne lorsqu'elle
traverse une rue sombre, même s'ils ne peuvent pas observer que la personne pâle
ni les changements physiologiques intérieurs, tels que l'arrêt de la sécrétion des
sucres digestifs ou un pouls accéléré. Tous ces facteurs contribuent à la complexité
des émotions, ainsi qu'aux défis qu'elles posent pour les étudier.
Les muscles du visage et de la posture jouent également un rôle dans
l'expression des émotions : le rire, les gémissements, les grognements, le
grincement des dents et les réactions musculaires accompagnant la sécrétion des
larmes sont des exemples d'expressions émotionnelles. Les organismes inférieurs
ont tendance à présenter une gamme plus large de réponses expressives. Ces
expressions peuvent être imitées par des comportements opérants, comme au
théâtre, et sont souvent modifiées par l'environnement social afin de se conformer
aux normes culturelles.
Chaque culture a tendance à avoir sa propre manière d'exprimer le rire, le
chagrin et d'autres émotions. À ce jour, aucun groupe de réponses expressives
spécifique à des émotions particulières n'a été définitivement identifié, et il est
crucial de noter que ces réactions, en elles-mêmes, ne correspondent pas à
68
l'expérience de l'émotion elle-même. Les changements les plus notables qui
surviennent lorsqu'une personne affirme « ressentir une émotion » sont
généralement des réponses des muscles et des glandes fibreuses lisses.
Ces réactions incluent des rougies, de la pâleur, des pleurs, de la
transpiration, de la salivation et la contraction de petits muscles cutanés, ce qui
peut provoquer des frissons chez l'humain et des poils hérissés chez les animaux.
Beaucoup de ces changements nous sont familiers grâce à l'utilisation de
détecteurs de mensonges, qui détectent réellement les réactions émotionnelles
déclenchées lorsque les individus adoptent des comportements pour lesquels ils
ont déjà été punis.
3.1 Émotion et prédisposition
Quand les gens parlent de quelqu'un qui a peur, est en colère ou est
amoureux, ils font généralement référence à des prédispositions qui influencent
son comportement. Par exemple, une personne en colère est plus susceptible
d'adopter des actes agressifs, comme frapper ou insulter les autres, tout en étant
moins encline à offrir de l'aide ou à montrer de l'affection. En revanche, quelqu'un
d'amoureux est plus attentionné et compréhensif, tout en étant moins susceptible
de causer du mal (Elster, 2003).
De même, lorsqu'une personne a peur, elle a tendance à éviter ou à réduire
le contact avec certains stimuli, recourant fréquemment à des comportements tels
que fuir ou se cacher. Ces classifications comportementales sont précieuses pour
l'analyse scientifique, car elles permettent de catégoriser différentes réponses en
fonction de leur probabilité dans des circonstances spécifiques. Il est important de
69
noter que ces émotions se décrivent mieux par des adjectifs, car ils aident à classer
les comportements plutôt que de les définir comme des entités distinctes.
L'utilisation de termes tels que « amoureux », « craintif » ou « en colère »
implique que les émotions sont des états conceptuels qui déclenchent des
réactions spécifiques, fondées sur l'histoire personnelle de chacun. Bien que ce
langage soit couramment utilisé dans les conversations quotidiennes et remplisse
de nombreuses fonctions scientifiques, il est essentiel de distinguer les émotions
des facteurs physiologiques ou psychologiques.
3.2 Réponses émotionnelles
Certaines émotions, telles que la joie et la tristesse, influencent les
comportements d'un organisme. Nous décrivons ces émotions comme soit
excitantes, soit déprimantes. D'autres émotions influencent les actions générales
d'un organisme, mais de manière plus spécifique. Lorsqu'un organisme ressent de
la peur ou de la colère, aucun comportement ne reste probablement inchangé,
mais les réponses liées à des aspects spécifiques de l'environnement qui
déclenchent la peur ou la colère sont particulièrement affectées (Mermillod et al.,
2012). Les émotions subtiles, telles que la gêne, la sympathie ou l'amusement,
peuvent être mieux localisées dans des sous-ensembles spécifiques d'actions.
Lors de la réalisation d'une étude scientifique, on ne sait pas si le
vocabulaire du profane restera inchangé. Dans la discussion qui suit, nous
utiliserons des termes du langage courant pour faire référence à des observations
familières et mettre en lumière des questions importantes. Cependant, certains
comportements associés à l'émotion semblent inconditionnels et, dans ces cas, leur
regroupement doit être expliqué en termes de conséquences évolutives. Pour
70
illustrer, chez certaines espèces, les morsures, coups et griffures peuvent être
intensifiés lors de la colère, avant que le conditionnement ne se produise. Ces
réponses se traduisent par des cris de douleur et d'autres signes de blessure, qui,
à leur tour, renforcent d'autres comportements et les classent comme des «
comportements de colère ».
Dans un autre cas, si un enfant en colère attaque, mord et frappe un autre
enfant sans conditionnement préalable, et que l'autre enfant pleure et s'enfuit, ces
conséquences peuvent renforcer d'autres comportements de l'enfant en colère qui
ne sont probablement pas innés, comme s'en prendre à l'autre enfant, lui retirer
ses jouets, détruire ses biens ou l'insulter.
Les adultes possèdent un répertoire complet de réponses verbales
blessantes clairement conditionnées, toutes intensifiées lors de la colère et
coïvariant avec des comportements non conditionnés en raison des mêmes
variables. Les réactions qui surviennent ensemble lors d'une émotion le font, en
partie, parce qu'elles ont un résultat commun.
Dans le cas de la colère, des réponses intensifiées causent du tort aux
personnes et aux objets. Ce processus est biologiquement avantageux lorsqu'un
organisme est en compétition avec d'autres ou face au monde inanimé ; le
regroupement des réponses définissant la colère est influencé par le
conditionnement. En temps de colère, les comportements qui causent du tort sont
renforcés et contrôlés par les circonstances qui les déclenchent. De la même
manière que la nourriture renforce un organisme en colère, un individu en colère
peut éprouver de la satisfaction lorsque son adversaire est blessé.
71
4.3 Processus émotionnels
Identifier les variables qui contribuent aux états émotionnels est similaire
au processus d'identification de toute autre variable : par observation et
exploration. Il existe de nombreux exemples d'émotions qui nous sont familières.
Par exemple, un bruit fort inattendu suscite souvent la peur, tandis que des
contraintes physiques prolongées ou des interférences comportementales peuvent
entraîner des sentiments de colère (Tcherkassof et Frijda, 2014).
Un autre type de colère, appelée frustration, survient lorsque vous ne
recevez pas de renforcement régulier. Lorsque ce comportement est puni, cela
peut entraîner des réactions timides ou hébétées. Cependant, il est important de
noter que ces termes, utilisés dans les conversations quotidiennes, peuvent ne pas
permettre une compréhension complète des émotions. Les émotions telles que la
colère ne peuvent pas toujours être classées dans une seule catégorie de réponses
ni attribuées à un seul ensemble de processus.
Les circonstances qui provoquent la colère peuvent varier, et l'impact
émotionnel peut également varier. Par exemple, l'effet émotionnel d'une
interruption dans une séquence de réponses peut varier selon les circonstances
spécifiques, que ce soit l'incapacité à écrire une lettre en raison de la perte d'un
stylo, à ouvrir une porte fermée ou à communiquer efficacement avec quelqu'un
de sourd ou parlant une langue différente.
Les divers effets de ces conditions frustrantes suggèrent que la
classification habituelle des émotions ne correspond pas toujours à la réalité de la
situation. Analyser les émotions subtiles pose des défis encore plus grands.
Prenons la solitude, par exemple, qui peut être considérée comme une forme
72
légère de frustration, résultant de la perturbation des réponses établies et
renforcées par l'environnement social. Une personne qui se sent seule n'a personne
à qui parler et ressent un sentiment d'inefficacité quant à son comportement.
L'absence d'une seule personne pour apporter un soutien émotionnel peut
profondément affecter une personne, comme l'illustre le chagrin d'amour. La
solitude ressentie par une personne sociable qui vit longtemps dans un pays
étranger est d'une autre nature (Sordes et al., 2021). Un enfant qui se perd dans la
foule souffre aussi différemment, car son comportement, auparavant renforcé par
la présence de ses parents, cesse de susciter la réaction désirée. Selon les
circonstances, les émotions qui en résultent peuvent ressembler à la peur, à la
colère ou à la tristesse.
Actuellement, il n'existe pas de système de classification complet englobant
tous ces exemples. La motivation et l'émotion sont étroitement liées et se
recoupent souvent. Les privations extérieures peuvent agir comme des
déclencheurs émotionnels. Ainsi, une personne affamée risque de ressentir de la
frustration et de la peur. La nostalgie englobe à la fois une impulsion et une
réponse émotionnelle. Lorsqu'une personne est séparée de son environnement
familial, une part importante de son comportement social est restreinte, ce qui
augmente la probabilité qu'elle retourne dans son environnement familial
précédent.
À leur retour, ils peuvent faire preuve d'une plus grande sociabilité en
parlant de leur ancien environnement, de leurs amis et de leurs expériences
passées avec ceux qu'ils sont prêts à écouter. Ces réactions résultent de la privation
subie ; le mal du pays entraîne également un affaiblissement général d'autres
73
formes de comportement, qui peut se manifester par une dépression. Il est
important de distinguer ces différents aspects de la nostalgie afin de mieux les
comprendre et les gérer.
Les phobies sont des exemples extrêmes de la façon dont certaines
circonstances peuvent déclencher des émotions ; ces phobies sont généralement
nommées en fonction des situations qui provoquent une telle réaction. Par
exemple, la claustrophobie est la peur d'être confiné dans des espaces clos, tandis
que l'agoraphobie est la peur des espaces ouverts. De nombreuses phobies sont
liées à des circonstances encore plus spécifiques, comme une peur excessive des
oiseaux morts.
Comment pouvons-nous décrire cette « émotion » particulière ? Nous
avons pu observer que la vue d'un oiseau mort provoque des réflexes tels que la
pâleur, la transpiration, des variations de la fréquence cardiaque, ainsi que
diverses expressions faciales et corporelles. Si ces réflexes étaient les seuls aspects
de la phobie, on pourrait les décrire comme un ensemble de réflexes conditionnés
déclenchés par la vue d'un oiseau mort.
Il y a d'autres effets importants à prendre en compte. Le besoin de
s'échapper est généralement très fort. Certains comportements d'évasion, comme
la fuite, peuvent être inconditionnés ou appris très tôt dans la vie d'une personne.
D'autres comportements d'évasion, comme demander à quelqu'un d'emmener
l'oiseau, semblent d'origine plus récente (Leman, 2018). Le reste du comportement
de l'individu subit également des changements importants : il peut arrêter de
manger ou manger plus lentement s'il est en train de dîner lorsqu'il rencontre
l'oiseau mort.
74
Ils peuvent aussi perdre intérêt pour leurs activités actuelles et devenir plus
facilement effrayés par des bruits inattendus, ou plus prudents dans des
environnements inconnus. Votre volonté d'engager des conversations naturelles,
de rire ou de plaisanter peut diminuer ; ils peuvent être plus susceptibles de « voir
» un oiseau mort même lorsqu'ils trouvent des objets qui leur ressemblent, comme
un vieux chapeau posé au sol.
Ces changements de comportement peuvent persister pendant une période
significative même après que le stimulus (dans ce cas, l'oiseau mort) n'est plus
présent. Pour décrire pleinement la phobie, il faudrait prendre en compte
l'ensemble de ces effets, ce qui nécessiterait une description approfondie du
répertoire comportemental de l'individu.
Le profane distingue une émotion d'une prédisposition à éprouver une
émotion. Cette dernière est appelée humeur lorsqu'elle est temporaire il est de
bonne humeur ») et disposition lorsqu'elle dure plus longtemps il a peu de
disposition »). L'humeur et la disposition représentent une probabilité du second
ordre : la probabilité qu'une circonstance spécifique entraîne une réponse
particulière. Il existe des situations trois étapes distinctes peuvent être
identifiées. Une maladie émotionnelle chronique peut entraîner d'autres maladies.
En d'autres termes, une personne dont l'entreprise fait faillite peut vivre une série
de circonstances qui génèrent de la frustration ou de l'anxiété chronique.
Cet état émotionnel peut également se manifester par une maladie
physique, comme le développement d'un ulcère. Dans ces cas, il est appropr
d'attribuer la cause de la maladie à une émotion, puisque nous définissons
l'émotion comme un schéma de comportement. De même, si quelqu'un subit une
75
blessure à la tête en raison d'un comportement imprudent, on peut l'attribuer à
une émotion.
Il est important de noter que le comportement émotionnel ne dépend pas
de l'émotion elle-même. La négligence dans les affaires ou dans d'autres domaines
n'est pas le résultat de l'anxiété ou de la tristesse, mais plutôt de conditions
extérieures qui contribuent au schéma émotionnel. Pour traiter un comportement
négligent, il faut examiner les circonstances externes qui le motivent.
Le comportement manifesté lors d'une émotion ne doit pas être confondu
avec l'émotion en tant qu'état hypothétique, tout comme manger ne doit pas être
confondu avec la faim. Une personne en colère, comme une personne affamée, a
tendance à agir d'une certaine manière. Ils n'agissent pas toujours conformément
à ces tendances, mais nous pouvons estimer la probabilité de leur comportement
en fonction de leurs actions passées.
Tout comme on peut déduire la faim à partir des expressions faciales d'une
personne devant un restaurant, on peut aussi déduire la colère à partir de
réactions mineures qui l'accompagnent. Dans tous ces cas, l'individu n'a pas
besoin d'adopter le comportement final et significatif auquel il ou elle est porté.
Tant que nous considérerons les émotions comme des états internes, nos progrès
technologiques concrets seront limités.
Savoir simplement que le comportement de quelqu'un est le résultat de la
frustration ou de l'anxiété n'aide pas beaucoup à résoudre un problème pratique ;
nous devons comprendre comment ces émotions sont apparues et comment nous
pouvons les modifier, en fin de compte, l'étude des émotions doit se concentrer à
76
la fois sur le comportement émotionnel et sur les circonstances qui influencent ce
comportement.
Il est également souvent souhaitable de modifier les prédispositions
émotionnelles. Un entraîneur de rugby, dans son discours d'encouragement aux
joueurs avant un match, peut tirer parti du fait qu'ils montrent davantage
d'agressivité envers leurs adversaires lorsqu'ils sont en colère. De même, un expert
interrogateur peut recourir à la même tactique pour forcer un témoin à fournir des
réponses verbales qu'il n'aurait pas divulguées autrement.
Des histoires d'atrocités ou des souvenirs de blessures passées sont utilisés
pour inciter à des comportements agressifs chez les soldats et la population
générale. Comme les circonstances individuelles varient, les approches les plus
efficaces sont découvertes par étude de cas plutôt que par analyse théorique.
Comprendre les dynamiques spécifiques en jeu peut considérablement
améliorer l'efficacité de ces pratiques. L'analyse du comportement émotionnel et
des facteurs qui y contribuent devient bien plus claire lorsqu'elle est mise en
pratique. Dans certains cas, notre objectif est de susciter des réflexes couramment
associés aux émotions (Kotsou et al., 2022). Il est important de noter que les
réflexes ne peuvent pas être contrôlés ni manipulés pour s'aligner sur nos désirs,
car ce ne sont pas des comportements volontaires. Par exemple, lorsqu'un poète
s'exclame : « Oh, pleurons pour Adonais ! « Il n'existe aucune relation
interpersonnelle qui permette à une personne de déclencher intentionnellement
un comportement émotionnel chez une autre selon une formule prédéterminée ;
la seule possibilité est d'utiliser un stimulus conditionné ou non qui provoque le
réflexe.
77
Comme nous l'avons mentionné plus tôt, une « série » peut être une pièce
littéraire conçue uniquement pour provoquer des larmes, tandis que d'autres
répertoires verbaux visent à provoquer le rire. L'utilisation de stimuli
conditionnés pour susciter des réponses émotionnelles de cette manière revêt une
importance pratique majeure pour les orateurs professionnels. Une prédisposition
émotionnelle particulièrement importante est d'avoir une opinion favorable à
l'égard d'une personne, d'un groupe ou d'un état de fait spécifique.
Il peut être difficile de définir précisément les conséquences d'un
comportement « favorable », mais des effets tangibles sont souvent observés. Les
politiciens, par exemple, peuvent organiser des rassemblements, des
démonstrations publiques d'affection envers les enfants ou publier des détails
autobiographiques favorables afin de susciter une réaction spécifique de
l'électorat, à savoir son vote.
De même, un écrivain ou un dramaturge peut susciter des réactions
favorables à l’égard de ses personnages en les plaçant dans des situations qui
renforcent ce comportement ou en les présentant sous un jour positif. Lorsque
nous cherchons à éliminer ce type de réponse, nous recourons à des procédures
appropriées de réflexion conditionnée (Ailloud, 2022). Par exemple, si nous
voulons empêcher quelqu'un de rire lors d'une occasion solennelle, nous
détournerions son attention de tout ce qui est comique. Ce faisant, nous éliminons
effectivement le stimulus qui déclenche leur rire ; à l'inverse, si nous obtenons le
même résultat en provoquant un inconfort physique, comme en frappant le tibia
de quelqu'un, nous présentons un stimulus qui déclenche une réponse
incompatible.
78
En pratique, certains médicaments peuvent aussi être utilisés pour induire
ou supprimer des réactions émotionnelles ; dans le contexte militaire, par
exemple, un médicament qui réduit les réponses d'anxiété et de peur sur le champ
de bataille serait sans aucun doute d'une grande valeur.
Il existe des stratégies qui peuvent être employées pour contrer les
comportements contraires à votre livre ou à votre article, afin d'augmenter la
probabilité que vous « l'aimiez ». Ces stratégies peuvent aller de l'encouragement
à l'achat de livres à la diffusion d'opinions positives. Bien que certaines de ces
stratégies puissent être considérées comme des renforcements, il existe également
un aspect émotionnel distinct dans le processus. Les annonceurs qui souhaitent
créer une perception positive de leur produit recourent également à des
procédures similaires, dont le résultat est l'achat du produit.
3.4 Comportement aversif
Les douleurs de faim peuvent parfois être confondues avec la privation et
la stimulation aversive, puisque la faim est l'impulsion la plus courante ; nous
avons tendance à baser notre compréhension de toutes les impulsions sur celle-ci.
Cependant, nous avons constaté que les douleurs ne correspondent pas toujours
aux pulsions ; même en cas de faim, une formulation distincte s'impose. Lorsque
nous mangeons pour soulager la douleur causée par la faim, ce comportement
peut être considéré comme aversif. Il est difficile de déterminer si les douleurs
conduisent toujours à manger avant que le renforcement négatif ne survienne, car
elles peuvent être causées par diverses circonstances qui augmentent la
probabilité de manger, qu’elles soient présentes ou absentes.
79
Nous pouvons distinguer l'expérience de la douleur de la probabilité
accrue de manger. Lorsqu'une stimulation similaire à celle causée par la faim
survient, il est possible de distinguer la production de douleur de l'augmentation
de la probabilité de manger. En laboratoire, on peut conditionner un rat à appuyer
sur un levier qui, à chaque appui, réduit l'intensité d'une lumière. Le niveau
d'éclairage est crucial, car une lumière tamisée peut ne pas être efficace, tandis
qu'une lumière très intense peut entraîner des comportements aversifs fondés sur
les expériences antérieures du rat, comme fermer les yeux ou couvrir sa tête avec
d'autres parties du corps.
L'utilisation de bruits forts ou d'éclairs de lumière sur le sol de la boîte est
moins susceptible de provoquer des comportements aversifs déjà établis, mais elle
est limitée par d'autres facteurs. Les stimuli aversifs peuvent déclencher des
réflexes et générer des prédispositions émotionnelles qui interfèrent souvent avec
le comportement que nous cherchons à renforcer par le renforcement négatif.
Dans ces cas, il est difficile d'isoler les effets du renforcement négatif.
Les stimuli communément qualifiés de désagréables ou agaçants, ou plus
précisément d'aversifs, n'ont pas de caractéristiques physiques qui les distinguent
des autres stimuli. Alors que les stimuli très intenses sont généralement aversifs,
les stimuli faibles peuvent aussi l'être. De nombreux stimuli aversifs
endommagent les tissus ou représentent une menace pour le bien-être d'une
personne, mais ce n'est pas toujours le cas.
Les stimuli douloureux sont généralement considérés comme aversifs,
mais il existe des exceptions, comme en témoigne l'utilisation de contre-irritants.
Les stimuli qui ont acquis des propriétés aversives par le conditionnement ne
80
possèdent pas nécessairement des propriétés physiques distinctives les
identifiant. Le seul facteur connu est que l'on considère un stimulus comme aversif
si sa suppression est renforcée.
Par conséquent, le renforcement positif et le renforcement négatif sont
définis en termes de renforcement d'une réponse. Les conséquences du retrait du
renforcement positif ou de l'introduction du renforcement négatif seront discutées
dans le chapitre suivant. Le terme « évitement » désigne le comportement
consistant à détourner le regard d'un stimulus aversif. Nous pouvons atténuer les
effets aversifs du bruit en couvrant nos oreilles, en nous éloignant de sa source, en
fermant les portes ou les fenêtres, ou en arrêtant le bruit à sa source.
De même, nous pouvons échapper à une lumière vive en fermant les yeux,
en tournant la tête ou en l'éteignant. Ces réponses peuvent être considérées
comme positivement renforcées car elles nous « libèrent » du stimulus aversif,
puisque le passage d'une situation à une autre est efficace pour réduire les
circonstances aversives. Les stimuli aversifs sont fréquemment utilisés à la fois en
laboratoire et dans le contrôle pratique du comportement en raison des résultats
immédiats qu'ils produisent.
Lorsque nous présentons un stimulus aversif, tout comportement
préalablement conditionné par le retrait du stimulus se produit immédiatement,
et en même temps, la possibilité de conditionner un autre comportement se
présente, la privation ou la satiété diffère à bien des égards de la présentation ou
du retrait d'un stimulus aversif, il est donc important de considérer ces deux types
de processus séparément. Nous étudierons le comportement aversif selon notre
définition : en présentant un stimulus aversif, nous créons l'occasion de renforcer
81
une réponse en l'éliminant. Lorsque le conditionnement a déjà eu lieu, le stimulus
aversif constitue un moyen de contrôle qui produit des effets immédiats.
3.5 Stimuli aversifs conditionnés
Le concept de substitution par stimulus peut également être étendu au
renforcement négatif, dans lequel les événements neutres, combinés à des
renforcements négatifs établis, acquièrent des propriétés de renforcement négatif.
Cela signifie que, même si une personne n'affiche pas actuellement un
comportement lourd ou désagréable, nous pouvons tout de même ressentir le
besoin de nous éloigner d'elle en raison des associations négatives que nous avons
nouées avec elle par le passé.
Ce même principe se retrouve dans les méthodes utilisées pour lutter
contre la dépendance au tabac et à l'alcool. En associant le goût du tabac et de
l'alcool à la sensation de nausée, les comportements aversifs généralement
associés à la nausée, tels que les vomissements, sont transférés à ces substances.
3.6 Utilisation pratique des stimuli aversifs
Une application importante du conditionnement aversif est la technique de
stigmatisation des actions mauvaises ou pécheresses : en associant certains
comportements à des conséquences négatives, la motivation à les commettre est
réduite, ce qui les renforce. Même une association unique entre stimuli peut
transférer un pouvoir aversif, et le renforçant conditionné peut rester efficace bien
après que les stimuli de renfort d'origine ont disparu de l'environnement.
L'intensité et la durée de cet effet peuvent poser des défis en psychothérapie. Le
retrait du renforcement positif a le même effet que la présentation du
renforcement négatif. En retirant des privilèges ou des récompenses, des
82
circonstances aversives peuvent survenir. Dans certains cas, il peut être approprié
de retirer le renforcement positif.
Ce qui est réellement éliminé, cependant, c'est le renforcement conditionné
positif : un stimulus discriminatif ou l'occasion d'une action bénéfique. Cette
distinction peut être plus pertinente pour la compréhension théorique du
comportement que pour son contrôle pratique. C'est-à-dire que si un soldat se voit
refuser l'autorisation de quitter le camp jusqu'à ce qu'il ait accompli une certaine
tâche et que, par le passé, l'exécution de tâches similaires a conduit au retour du
permis, on pourrait soutenir qu'un état de privation est créé, ce qui renforce le
comportement précédemment renforcé par le retour du permis.
D'un autre côté, cela peut aussi être considéré comme une condition
aversive à laquelle l'individu ne peut s'échapper qu'en accomplissant la tâche
requise. Le degré d’implication de chaque processus peut entraîner des
conséquences secondaires qui dépendent des circonstances spécifiques.
L'efficacité du renforcement négatif peut être améliorée grâce au
conditionnement. Cela implique un comportement de conditionnement afin que
les stimuli aversifs futurs exercent l'effet désiré. Cela peut être réalisé en projetant
la présentation de ces stimuli à des occasions ultérieures ou en préparant le sujet
à réagir lorsqu'ils se produiront (Freixa, 1981). Le conditionnement joue un rôle
crucial dans l'exploitation du contrôle aversif dans divers domaines, notamment
l'éthique, la religion et le gouvernement. La technique du renforcement négatif est
utilisée de différentes manières pour contrôler le comportement ; elle consiste à
utiliser des stimuli aversifs déjà supprimés pour renforcer un comportement
désiré. Par exemple, un enfant peut tenir physiquement une autre personne
83
jusqu'à ce que la victime crie « J'abandonne », ou bien serrer une personne dans
ses bras jusqu'à ce qu'elle laisse tomber une arme.
Dans le cas des animaux, un cheval peut être éperonné jusqu'à atteindre
une certaine vitesse. De même, les stimuli aversifs conditionnés peuvent être
utilisés pour embarrasser quelqu'un et le forcer à agir d'une certaine manière. Par
exemple, si un enfant refuse de sauter d'un trampoline, ses pairs peuvent l'insulter
avec des insultes comme « pédé » jusqu'à ce qu'il saute dans l'eau. Ce
conditionnement verbal est renforcé par la présence de ses pairs, ce qui accroît la
probabilité qu'il obéisse. Le concept de défiance fonctionne de manière similaire :
la menace d'embarras ou de jugement négatif incite les individus à adopter
certains comportements.
Inversement, le cas inverse consiste à empêcher certains comportements en
les qualifiant de « honteux ». Les comportements honteux sont ceux dont on a
honte. Pour échapper à l'embarras aversif, on peut choisir de ne pas exécuter ce
comportement ou d'en faire un visible qui ne peut être partagé. Le renforcement
négatif peut également être obtenu en associant un stimulus neutre à des stimuli
aversifs, ce qui les rend eux-mêmes aversifs. Cela permet un renforcement
automatique de l'évasion.
Pour illustrer, les programmes éducatifs visant à contrôler la propagation
des maladies vénériennes peuvent associer des images ou des descriptions de
prostituées à des informations aversives sur ces maladies. Cela provoque une forte
réaction émotionnelle lors de la rencontre avec une prostituée, ce qui peut
dissuader les gens d'adopter des comportements sexuels par peur de l'éviter ou
84
de s'en éloigner, ce qui est renforcé par la réduction du stimulus aversif
conditionné.
85
Chapitre IV
Association entre stimuli, évitement et
anxiété
L'utilisation d'une « menace » par les pirates est un exemple bien connu de
ce phénomène. Le voleur crée une situation auparavant associée à des blessures
physiques et la victime réduit cette menace en lui remettant son portefeuille.
Esquiver ou fuir peut aussi être un comportement très probable, mais, dans ce cas,
seul le comportement consistant à remettre le portefeuille correspond à la formule.
Une menace va au-delà de la simple défiance ou des embarras, en raison de
la relation temporelle particulière entre les renforts négatifs conditionnés et
inconditionnés. Dans d'autres situations, rien ne se passe si la menace n'est pas
acceptée ; la situation aversive se poursuit simplement. Éviter une circonstance
aversive n'est pas la même chose que simplement l'éviter, puisque la condition
aversive évitée n'affecte pas directement l'organisme. Nous pouvons expliquer
l'effet du comportement d'évitement par le concept de renforcement négatif
conditionné.
Dans l'évitement, il existe un écart temporel entre les stimuli aversifs
conditionnés et non conditionnés. Cette relation temporelle est courante dans la
nature, comme lorsqu'un objet approchant rapidement précède un acte
douloureux ou lorsque le bruit de la perceuse d'un dentiste précède la stimulation
86
douloureuse d'une dent (Lassalle, 2004). Dans ces situations, l'individu adopte un
comportement qui empêche l'apparition ou réduit l'intensité du second stimulus.
Ce comportement, qu'il s'agisse d'esquiver un objet, de se couvrir les
oreilles pour atténuer un bruit ou de s'éloigner d'une source de douleur, est
renforcé par le conditionnement opérant, car il atténue l'effet du premier stimulus.
Par exemple, lorsque certains stimuli visuels associés à l'approche rapide d'un
objet sont suivis d'une blessure, tout comportement qui les rend moins nocifs est
renforcé.
S'éloigner, s'éclipser discrètement et se mettre sur la défensive sont des
mesures appropriées dans ce cas. Grâce à ces réponses, l'individu parvient à éviter
le danger, mais il n'est que renforcé en évitant les stimuli conditionnés aversifs
que nous appelons la « menace » du préjudice. À mesure que cette menace est
constamment écartée, elle s'affaiblit et le comportement se renforce de moins en
moins. Finalement, la réponse cesse de se produire et l'individu subit un préjudice,
ce qui réinitialise le modèle visuel en tant que renforcement négatif.
Tout signal qui précède systématiquement la suppression du renforcement
positif peut agir comme un renforcement négatif conditionné. Nous adoptons un
comportement d'évitement lorsque nous agissons pour affaiblir tout signal
indiquant qu'une expérience agréable est sur le point de se terminer, ce qui réduira
notre avantage dans une situation compétitive ou nous empêchera d'obtenir une
récompense. De même, si manger un aliment particulier précède
systématiquement un mal de tête allergique sévère, cela peut devenir aversif.
Cependant, si cet aliment est consommé et qu'aucun mal de route n'apparaît, le
87
conditionnement initial du renforcement négatif est éteint et, enfin, l'aliment cesse
d'être aversif.
Mais lorsqu'il est réutilisé et qu'un nouveau mal de tête survient, le
renforcement conditionné négatif s'installe à nouveau, déclenchant un nouveau
cycle. L'absence de mal de tête favorise le comportement en favorisant l'extinction
du stimulus aversif conditionné. Lorsque les stimuli sont présentés dans cet ordre,
le premier stimulus devient un renforçant négatif conditionné et toute action qui
diminue son effet est renforcée par un conditionnement opérant (Maurer et al.,
2014).
Le comportement d'évitement peut sembler orienté vers un événement
futur, mais, en réalité, sa probabilité est influencée par les occurrences passées de
renforcement négatif conditionné et par des exemples de leur réduction. Si le
comportement d'évitement continuait à être généré avec la même intensité même
lorsque l'événement futur ne s'est pas produit, cela poserait problème. Lorsque
l'occasion d'un comportement évitant survient assez fréquemment, la situation
aversive conditionnée s'affaiblit progressivement.
Le comportement n'est plus renforcé et finit par cesser d'être exprimé. À ce
stade, le renforcement primaire négatif est à nouveau perçu, et un seul cas peut
suffire à reconditionner la puissance de renforcement du premier stimulus.
Le comportement opérant changerait également de manière significative.
La personne peut sembler « inquiète », ce qui indique qu'elle n'arrive pas à se
concentrer sur ses activités habituelles. Ils peuvent penser qu'ils sont incapables
d'engager des conversations normales ou de s'occuper de questions pratiques
88
simples. Ils peuvent devenir silencieux et perdre intérêt pour leurs loisirs ou leurs
activités habituelles.
Ces effets émotionnels sur la probabilité de comportements sont souvent
appelés anxiété. Presque tous les stimuli aversifs intenses sont précédés d'un
stimulus spécifique susceptible de provoquer de l'anxiété. Ces contingences sont
couramment utilisées dans le contrôle pratique du comportement, notamment en
association avec la punition. Bien que le comportement d'évitement présente des
avantages biologiques évidents, le modèle émotionnel de l'anxiété ne semble
servir aucun but pratique. Cela entrave le comportement normal d'une personne
et peut même l'empêcher d'adopter un comportement d'évitement efficace.
Par conséquent, l'anxiété pose un défi majeur en psychothérapie ; lorsqu'on
envisage des techniques de contrôle du comportement, il est essentiel d'être
toujours conscient des conséquences inattendues possibles de ces techniques.
En raison de la capacité du conditionnement à se produire à partir d'une
seule association entre stimuli, un événement négatif isolé peut déclencher une
anxiété liée aux stimuli incidents. La perte soudaine d'un ami proche peut parfois
entraîner une dépression prolongée, caractérisée par des sentiments tels que la
perception d'une perte imminente ou la croyance en la prédestination. Ces cas
peuvent être difficiles à traiter. Lorsque nous faisons référence à quelqu'un qui
meurt soudainement, cela signifie qu'aucun stimulus précédent n'était fortement
associé à cet événement.
Au contraire, le conditionnement s'est produit dans des aspects quotidiens
de la vie difficiles à éviter. Il est peu probable qu'il existe des moyens efficaces
89
d'éviter complètement ces stimuli, bien que, par conséquent, d'autres stratégies
d'évitement soient intensifiées. Les réflexes émotionnels conditionnés, similaires
aux prédispositions émotionnelles conditionnées, peuvent être activés en
permanence. Dans le cas d'un décès « attendu », comme celui d'une personne
malade depuis longtemps, l'événement peut rester pénible, mais l'anxiété est
conditionnée par des stimuli antérieurs. L'anxiété est peu susceptible de ressurgir
à moins que ces stimuli spécifiques ne réapparaissent, comme si un autre ami était
malade.
4.1 Anxiété anticipée
L'impact des stimuli qui précèdent habituellement le renforcement positif
pourrait être durable dans un monde de bonnes choses se produisent
fréquemment, mais en milieu clinique, cet effet n'est pas observé car il ne cause
pas d'inconfort. D'un autre côté, l'anxiété, chronique dans un monde de
mauvaises choses arrivent souvent, est nuisible à la fois aux individus et à la
société. Les contreparties de l'anxiété surviennent lorsqu'il y a un décalage entre
un stimulus et le renforcement positif qui lui suit. C'est-à-dire que si nous recevons
un courriel contenant une mauvaise nouvelle, recevoir un courriel similaire plus
tard nous rendra anxieux avant même de l'ouvrir. Ces courriels peuvent
également contenir de bonnes nouvelles, comme un chèque ou une offre d'emploi.
Dans de tels cas, un comportement d'évitement renforcé par de mauvaises
nouvelles, comme ignorer la boîte aux lettres ou jeter le courrier sans l'ouvrir,
s'accompagne d'une probabilité accrue de vérifier la boîte aux lettres et d'ouvrir la
lettre à la hâte (Van Rillaer, 2020). Les réactions émotionnelles au courriel, sans
90
l'ouvrir, seront adaptées au type d'information qu'il contient : tristesse face à une
mauvaise nouvelle et joie face à une bonne nouvelle.
De même, les prédispositions émotionnelles sont opposées : l'inactivité
dans un cas est compensée par une activité accrue dans l'autre. Au lieu d'être
silencieuse et réservée, la personne peut devenir bavarde, réagir de manière
excessive, marcher plus vite et paraître plus légère. Ce comportement est
particulièrement visible chez les enfants, par exemple à la veille d'un jour férié.
L'anxiété est un sentiment que certaines personnes ressentent dans
certaines situations ; elle peut les pousser à agir différemment de leur habitude.
Quand nous parlons d'anxiété, nous pensons qu'elle est à l'origine de ces différents
comportements.
Mais en réalité, l'anxiété n'est qu'une façon de désigner les comportements
eux-mêmes. Pour aider quelqu'un à se sentir mieux lorsqu'il est anxieux, nous
devons nous concentrer sur la situation qui provoque cet état, et non sur le
sentiment lui-même. Le ressenti n'a pas vraiment d'importance quand il s'agit de
comprendre ou d'aider quelqu'un souffrant d'anxiété.
4.2 Traits de personnalité et de comportement
« Il y a eu un changement significatif dans son comportement : alors qu'il
semblait insouciant auparavant, il est devenu hésitant et craintif. « Son humilité
naturelle se transforme en hautaine ; il est passé d'un membre serviable de la
communauté à un homme négligent et au cœur dur. Son sens de l'humour
autrefois excellent ne se résume plus qu'à de la folie. « Un paragraphe comme
celui-ci transmet des informations importantes. En d'autres termes, si je devais
91
décrire un vieil ami, cela nous préparerait à interagir plus efficacement avec lui
lors de notre prochain encounter. Il peut être surprenant d'apprendre que le
paragraphe ne décrit aucune conduite ni action spécifique.
Cela peut être la description d'une série de lettres d'un collègue ou d'un
client, ou même une scène de ballet non verbale. Elle pouvait s'appliquer à un
employé, un directeur d'usine, un commercial, un diplomate ou un étudiant ;
essentiellement, à toute personne dont le comportement correspondait aux
aspects mentionnés dans le paragraphe (Vilches, 2023). Il y a des situations il
est utile de savoir que quelqu'un va se comporter d'une certaine manière ; même
si nous ne savons pas exactement ce que cela entraînera, savoir qu'une proposition
sera « bien reçue » est précieux, même si nous ne connaissons pas la réaction
précise. Dans certains cas, tous les autres aspects du comportement peuvent ne
pas être importants, et dans ces cas-là, le décrire en termes de traits est très efficace.
Ce type de terme a-t-il une valeur pour l'analyse fonctionnelle ? Et si oui, comment
se rapportent-elles aux variables que nous avons analysées jusqu'à présent ?
4.3 Différences de variables
Des traits de cette nature représentent simplement la gamme de
comportements observés chez un organisme, fournissent une indication de
l'intensité de chaque comportement et permettent d'inférer des facteurs
pertinents. Les tests qui mesurent ces traits sont des inventaires qui classent les
réponses en classes spécifiques et supposent des fréquences d'occurrence
particulières (Toniolo, 2009). Les échelles d'attitude, les sondages d'opinion et les
tests d'aptitude relèvent souvent de cette catégorie.
92
Les études de Kinsey sur le comportement sexuel examinent la fréquence
de différents types de réponses, ce qui nous permet d'inférer sur certaines
conditions de privation, des antécédents de renforcement sexuel, la santé globale
et les traits héréditaires d'un organisme. Le fait de qualifier un trait de
caractéristique commune et immuable de tous les membres d'une espèce n'est pas
utile, car les traits n'apparaissent que lorsque les comportements des gens
changent au fil du temps ou varient d'une personne à l'autre ; nous pouvons
analyser les traits fonctionnellement en examinant comment les individus
diffèrent des autres ou de leurs propres comportements passés. Les
comportements temporaires, tels que la peur, la colère ou le trouble, peuvent être
attribués à des stimuli ou à des circonstances spécifiques.
Les différences entre une mesure fondée sur la population et une mesure
fondée sur la fréquence de réponse deviennent évidentes lorsqu'on considère une
population composée d'un seul individu. Avant l'arrivée du vendredi, Robinson
Crusoé devait posséder un certain répertoire de comportements, des fréquences
de réponse spécifiques et des schémas de changements de fréquence. Il y a eu des
moments il ressentait la faim, c'est-à-dire qu'il était prédisposé à consommer
une certaine quantité de nourriture, ou de la colère, ce qui le poussait à nuire à des
animaux ou à des objets. Il avait besoin d'intelligence pour relever les défis de la
vie quotidienne. En raison de certaines circonstances, son comportement dut être
modifié dans une certaine mesure ; il devait être capable de discerner des stimuli
d'une subtilité et d'une complexité particulières.
Il n'aurait jamais pu observer et évaluer tout cela quantitativement ; il
n'aurait jamais pu mesurer son propre QI, car il n'aurait pas pu créer un test dont
93
le score était exempt de caractéristiques arbitraires telles que la durée, la difficulté
ou des limites de temps prédéterminées. En considérant une échelle couramment
utilisée pour définir la dureté des minéraux, on peut mieux comprendre
l'utilisation d'une population pour mesurer un trait.
L'échelle va de 1 (le plus doux) à 10 (le plus dur, comme un diamant).
Quand on dit que le quartz a une dureté de 7, cela signifie qu'il peut rayer ou
couper tous les minéraux de dureté 6 ou moins, mais il sera rayé par des minéraux
de dureté 8, 9 et 10. Si le monde était composé uniquement de quartz, le chiffre 7
n'aurait aucune signification.
Lorsque nous faisons la distinction entre individus flegmatiques et
optimistes, ou impassibles et en colère, les différences ne proviennent ni du degré
de privation ni des circonstances émotionnelles, mais plutôt de la rapidité avec
laquelle leur comportement change en réponse à ces circonstances (Toniolo, 2009).
Une seconde catégorie de différences comportementales découle des variations de
la fréquence à laquelle tels changements se produisent.
On croit communément que les individus ayant des niveaux d'intelligence
plus élevés présentent un conditionnement et une extinction plus rapides, des
capacités de discrimination plus rapides, etc. ; cependant, l'impact qui en résulte
sur le comportement n'est pas toujours distinguable de celui de l'expérience.
Lorsqu'une personne obtient un score élevé à un test d'aptitude, ce résultat
peut être attribué à l'exposition préalable du sujet à des variables spécifiques, à la
fréquence d'exposition à ces variables, ou à l'interaction entre les deux. Par
94
exemple, les tests de vocabulaire reflètent probablement des disparités à la fois
dans l'exposition et dans la fréquence du conditionnement.
Les traits pouvant être décomposés en inventaires comportementaux, en
intensités relatives des composants dans un répertoire, ou en rythmes au cours
desquels les processus comportementaux se produisent ont des dimensions
scientifiquement acceptables, et leur lien avec l'analyse fonctionnelle est évident.
Les chercheurs qui étudient les traits quantifient souvent leurs données
différemment.
Le test d'intelligence sert d'exemple : lorsqu'une personne passe ce test, un
résultat numérique est obtenu, mais ce résultat ne constitue pas une mesure valide
d'un trait, car il est arbitraire et dépend de facteurs tels que la durée, la nature et
le temps imparti pour répondre. Pour obtenir une mesure moins arbitraire, le
même test est administré à plusieurs individus dans des conditions similaires, et
chaque score brut est converti en un score normalisé indiquant la position de
l'individu par rapport au groupe ; ce résultat normalisé n'est pas encore une
mesure quantitative d'un trait ; Cela prouve simplement que le résultat d'un sujet
dépasse celui d'un certain pourcentage du groupe, le groupe lui-même est aussi
arbitraire que le score initial, des difficultés surviennent lorsqu'on essaie d'utiliser
une telle mesure dans un autre groupe.
Bien que l'échelle soit indéniablement précieuse pour des applications
techniques, elle ne constitue pas une avancée significative dans l'examen de la
dureté minérale ; le physicien explique les différentes positions sur l'échelle
comme des variations de la composition moléculaire. Par conséquent, déterminer
la dureté du quartz en fonction de sa structure est logique et il n'est pas nécessaire
95
de le comparer à des minéraux de dureté différente. De même, si nous pouvons
quantifier les différences d'intelligence en tenant compte des disparités de
connaissances, de l'exposition à divers facteurs ou de la fréquence d'adaptation,
notre mesure ne sera pas non plus affectée par la population spécifique analysée.
Le but d'un test est d'observer le comportement et de recueillir des
informations sur une variable d'intérêt spécifique. En examinant ou en
échantillonnant cette variable dépendante, nous pouvons faire des prédictions sur
un éventail plus large de comportements. Par exemple, un test de compétence
mécanique, d'intelligence ou d'extraversion peut nous aider à prédire le succès ou
l'échec d'un individu dans un emploi qui requiert ces qualités. Cependant, il est
important de noter que cette relation prédictive n'est pas la même que celle d'une
relation causale dans une analyse fonctionnelle. S'appuyer sur ces pratiques de
substitution revient à sacrifier les principaux avantages d'une analyse
fonctionnelle.
L'un des principaux inconvénients est le manque de contrôle
comportemental associé aux descriptions fondées sur les traits. Mesurer un
ensemble de traits peut nous indiquer si une personne est adaptée à un poste
spécifique, mais cela ne fournit pas de conseils sur la manière de les modifier pour
améliorer son adéquation. L'avantage pratique réside dans une utilisation plus
efficace des variables pertinentes disponibles.
L'utilité de toute relation prédictive dépend de la précision et de la
spécificité des termes employés dans l'analyse. Nous ne pouvons prédire et
contrôler le comportement que dans la mesure nos lois et explications sont bien
définies (Fenouillet, 2023). Bien qu'il existe des circonstances la prédiction des
96
traits peut être précieuse, en général, se fier uniquement aux traits fournit peu
d'informations sur le comportement.
Par conséquent, les traits ne sont pas idéaux pour une analyse fonctionnelle
globale. Dans une analyse fonctionnelle, certaines variables de l'historique et de
l'environnement actuel d'un individu expliquent son comportement tant pendant
le test que dans des situations plus générales. La prédiction dans ce contexte ne va
pas de cause à effet, mais d'un effet à l'autre. Cela se voit dans le fait que nous
utilisons des tests pour faire des prédictions sans vraiment comprendre quelles
variables influencent le score ou le comportement prédit.
Si nous étendions un test à l'infini, en ajoutant davantage de questions, il
finirait par correspondre au comportement que nous essayons de prédire, ce qui
rendrait la prédiction dénuée de sens.
Bien que la prédiction effet-effet puisse être utile, elle est souvent recourue
lorsque l'observation directe des variables n'est pas possible. Dans ces cas, une
interrogation approfondie peut fournir des informations sur les comportements
caractéristiques d'une espèce ou sur sa position au sein de celle-ci.
Ce type de prédiction peut reposer sur des informations incomplètes, tant
qu'il fournit une estimation raisonnable du résultat qu'un examen complet aurait
obtenu. Il peut également être utile d'examiner les effets actuels des variables sur
l'histoire lointaine d'un individu.
De même, évaluer les tendances agressives normales peut nous aider à
prédire les comportements agressifs futurs sans nécessairement étudier les
facteurs environnementaux précoces qui façonnent l'agressivité. Plutôt que de
97
prédire la performance uniquement à partir d'un trait mesuré dans un test, il peut
être plus utile de prédire un trait à partir d'une autre variable ou de toute autre
variable. Par exemple, les types de personnalité sont souvent attribués à la
constitution physique d'un organisme, et cette relation peut s'exprimer trait par
trait. De même, certains traits, tels que l'agressivité, peuvent être attribués à des
facteurs tels que la frustration. Toute analyse fonctionnelle qui se concentre sur les
traits en tant que variable dépendante présente ses limites.
Le manque de spécificité est la principale raison pour laquelle le concept de
l'individu comme système comportemental n'est pas souvent abordé dans les
discussions sur les traits. Dans les prochains chapitres, nous explorerons cette idée
plus en détail en examinant des processus complexes. Nous attribuerons des
systèmes de réponses interconnectées à des agencements complexes de variables
et développerons une compréhension globale de l'individu en tant que système
de réponse. Cette distinction entre les traits et les systèmes comportementaux se
manifeste en psychologie clinique. Lors du diagnostic d'un sujet, des tests et
d'autres mesures comportementales sont utilisés pour le caractériser ; ces
informations ne sont souvent pas utiles pour la guérison car elles ne considèrent
pas le sujet comme un système dynamique.
Pour traiter efficacement l'individu, la mesure doit passer d'une description
de sa personnalité à une approche plus pratique, telle que le bon sens ou la
psychanalyse, qui partage des similitudes avec l'analyse fonctionnelle.
Malheureusement, peu d'efforts sont souvent faits pour concilier ces deux
approches, peut-être parce que cela est considéré comme une tâche impossible.
Bien que nous soyons habitués à décrire le comportement en termes de traits et
98
que nous disposions d’un large vocabulaire à ce sujet, cette familiarité peut être
trompeuse.
La vérité, c'est que nous pouvons prédire et contrôler une réponse bien plus
facilement et plus rapidement qu'un trait. Une réponse est plus facile à définir et
à identifier, et sa probabilité d'occurrence est plus sensible à plusieurs facteurs.
Même lorsque nous définissons un trait comme un ensemble de réponses, nous
devons vérifier l'unité et la cohérence du groupe.
Toutes les réponses considérées comme des preuves d'agressivité varient-
elles de la même manière dans une situation de frustration donnée ? Tous les cas
de frustration sont-ils également efficaces pour provoquer cette variation ? Pour
assurer l'unité d'un trait, nous devons montrer que chacun des actes qui y sont
associés est également contrôlé par chaque circonstance identifiée comme sa
cause. Cette analyse est l'objectif ultime pour comprendre les traits. La mesure
comportementale est souvent associée à la conviction que le but de la science est
de fournir des informations pouvant être utilisées pour améliorer divers aspects
des interactions humaines, non seulement en médecine mais aussi dans des
domaines tels que le commerce, l'éducation, le counseling familial, les problèmes
du travail et la diplomatie ; la véritable efficacité de l'utilisation de ces
informations réside dans la compréhension unique et l'intuition du comportement
humain que peut fournir une analyse fonctionnel.
4.4 Les traits ne sont pas des causes
Des procédures mathématiques peuvent déterminer le nombre minimal de
traits nécessaires pour décrire la performance des individus lors d'une série de
tests. À partir de ces résultats, on peut conclure qu'un individu obtient de bons
99
résultats à certains tests parce qu'il possède un trait particulier dans une certaine
mesure, tandis qu'à d'autres tests, il donne des réponses correctes en raison d'un
trait différent, également dans une certaine mesure (Degraeve, 2022).
Ces procédures vont au-delà des données observées, nous conduisant à
relier les traits ou facteurs résultants à des états physiologiques ou des capacités
psychologiques. Nous pouvons même leur attribuer des dimensions
supplémentaires qui n'ont pas été détectées dans les mesures comportementales à
partir desquelles elles ont été déduites ; quelle que soit la complexité de la
procédure mathématique, un trait ou un facteur n'est dérivé que de l'observation
de la variable dépendante. Cette limitation ne peut être surmontée par des
opérations mathématiques.
Bien qu'un ensemble complet de tests puisse aider à évaluer les traits et à
prédire le comportement dans diverses situations, la prédiction repose toujours
sur la relation cause-effet. La procédure mathématique ne contrôle pas le trait, et
manipuler un trait ne modifie pas son comportement. Des tentatives ont été faites
pour présenter cela de manière plus scientifique, en établissant la validité d'un
trait en tant que cause conceptuelle. Les chercheurs ont identifié un petit nombre
de traits expliquant ce comportement. Puisque les noms des traits proviennent de
diverses sources et peuvent être créés librement, les comportements auxquels ils
se rapportent se recoupent souvent.
Ce chevauchement peut être démontré en analysant les comportements
spécifiés dans les tests à deux traits ou en montrant que les résultats d'un test
peuvent prédire ceux d'un autre. Lorsque deux traits sont identifiés, l'un d'eux est
100
écarté. Lorsque le chevauchement n'est pas complet, cela suggère qu'il existe un
trait commun qui n'est pas encore mesuré exclusivement par l'un des tests.
Cela implique que le trait présente des dimensions différentes de celles du
comportement déduit, ce qui a donné de l'espoir à ceux qui cherchent à identifier
un ensemble minimal de ces facteurs causaux. Les étiquettes que nous attribuons
aux caractéristiques commencent généralement par des adjectifs, tels que «
intelligent », « agressif », « désorganisé », « en colère », « introverti » et « avide ».
Avec le temps, ces adjectifs ont tendance à devenir des noms.
Ces labels sont alors considérés comme des causes actives des traits qu'elles
décrivent. Par exemple, nous avons commencé par le concept de « comportement
intelligent », puis avons évolué vers « comportement qui démontre l'intelligence
», et enfin nous sommes arrivés à « comportement qui est le produit de
l'intelligence ». De même, on observe un certain comportement et on forme
l'adjectif « narcissique », dérivé du nom « narcissisme ».
En résumé, nous affirmons que ce nom est la cause du comportement que
nous observons initialement ; tout au long de ce processus, nous n'avons fourni
aucune preuve extérieure d'un lien causal.
4.5 Simplification is excessive
De même, en sciences du comportement, nous devons commencer par la
simplicité. Nous étudions des organismes relativement simples, aux antécédents
simples et dans des conditions environnementales contrôlées. Cette approche
nous permet d'atteindre le niveau de rigueur requis pour l'analyse scientifique.
Nos données, comme celles de la biologie moderne, sont uniformes et
101
reproductibles ; il est important de reconnaître que cette simplicité est quelque peu
artificielle.
Dans des situations réelles, en particulier dans le domaine du
comportement humain, on trouve rarement une telle simplicité. Ainsi, les critiques
désireux d'aborder des questions plus importantes peuvent s'opposer à des
formulations « trop simplistes » issues d'expériences de laboratoire.
Ces objections consistent souvent à souligner des exceptions évidentes aux
règles formulées. Bien que de telles critiques puissent être utiles pour révéler des
faits cachés ou négligés, il est crucial de noter que de nombreuses exceptions
apparentes peuvent encore être expliquées dans le cadre existant si elles sont
correctement appliquées. Les malentendus surviennent souvent lorsque l’on
néglige les interactions entre variables lorsqu’on les combine de différentes
manières. Bien qu'une analyse fonctionnelle se concentre initialement sur des
relations isolées, une part importante de son objectif consiste à démontrer
comment ces variables interagissent. Dans le prochain chapitre, nous explorerons
plusieurs cas importants mettant en lumière ces interactions.
4.6 Effets multiples d'une seule variable
Il serait illogique de prétendre qu'un événement a plusieurs effets si nous
ne pouvons pas les distinguer. Heureusement, ce n'est pas un problème lorsque
les effets surviennent à des moments différents. Par exemple, un renforçant peut
être si puissant qu'il entraîne une satiété significative. L'effet boostant du rappel
peut être temporairement éclipsé par celui de la satiété. Par conséquent, recevoir
un salaire élevé d'un coup peut entraîner un tel degré de satiété que le travailleur
s'abstient de travailler pendant un certain temps ; l'effet de renforcement des
102
salaires redeviendra évident une fois que suffisamment de privations se
présenteront.
Une objection courante à la Loi de l'Effet constitue un autre exemple. Le
concept de « besoin de gratification » en psychothérapie repose sur l'observation
selon laquelle le comportement intensifié par la privation est affaibli par la satiété.
En conséquence, la satiété devient une technique clinique (Klineberg, 1980). Par
exemple, un comportement intense, renforcé par l'attention personnelle, peut être
affaibli si l'individu reçoit de l'attention ou si les privations principales qui sont à
l'origine du pouvoir de renforcement de l'attention sont atténuées.
De même, un comportement intense, qui atteint un résultat souhaité, peut
être affaibli en fournissant ce résultat ou en utilisant des renforçateurs primaires
appropriés. Ces conclusions ont été jugées contraires à la Loi de l'Effet, qui suggère
que le comportement doit être renforcé plutôt que d'être affaibli. La situation peut
s'expliquer en considérant les multiples effets découlant de la prestation de soins
ou de ses effets associés. Si un enfant se comporte mal pour attirer l'attention, il
peut être « guéri » avec une dose discrète d'attention si la satiété précède le
renforcement, ce qui est tout à fait possible. Cependant, que se passera-t-il lorsque
la privation reviendra ? Si la « guérison » pousse le patient à rechercher des soins
ou à retrouver un effet, l'effet de renforcement devient manifeste. Pour éviter cela,
si un « besoin spécifique de gratification » est prescrit, il doit être satisfait lorsque
le patient ne se comporte pas mal.
Cette approche induira de la satiété sans renforcer les comportements
indésirables. Un événement peut avoir plusieurs effets simultanément sur le
comportement. Dans notre analyse précédente de la punition, nous avons constaté
103
qu'un seul stimulus aversif lié à une réponse a au moins quatre effets.
Premièrement, cela déclenche des pensées, souvent d'ordre émotionnel.
Deuxièmement, cela modifie les prédispositions émotionnelles qui
influencent nos actions. Troisièmement, il sert de stimulus de renforcement qui
précède ou accompagne la réponse, provoquant finalement les pensées et
prédispositions mentionnées précédemment, ainsi que tout comportement
d'évitement mettant fin au stimulus.
Enfin, cela permet de renforcer tout comportement d'évitement qui met fin
au stimulus punitif lui-même. Ainsi, dans cet exemple, un événement peut agir
comme un stimulus de réactions réflexives et émotionnelles, comme un stimulus
de renforcement dans le conditionnement réactif, et comme un stimulus de
renforcement négatif dans le conditionnement opérant.
Nous pouvons examiner les effets discriminants et rassasiants des sucreries
de plusieurs manières. Si nous donnons constamment à l'enfant un seul bonbon à
la fois, le comportement de demander plus de bonbons finira par disparaître. Par
conséquent, les circonstances qui mènent à des pleurs ou des crises ne se
produiraient pas. Dans un tel cas, un seul bonbon n'aurait pas les effets
perturbateurs décrits ci-dessus et nous pourrions observer un léger degré de
satiété. Au départ, il peut sembler difficile de séparer expérimentalement ces effets
; nous pouvons toutefois démontrer l'effet émotionnel en le provoquant
autrement.
Nous pouvons aussi profiter du fait que les réactions émotionnelles
finissent par disparaître. En éteignant et en reconditionnant à plusieurs reprises
104
une réponse, notamment par un programme de renforcement intermittent, nous
pouvons obtenir des courbes d'extinction avec peu ou pas d'interférence sur les
effets émotionnels. De plus, nous pouvons observer les effets d'un événement
émotionnel sur l'ensemble du répertoire d'un organisme, tandis que l'extinction se
concentre sur la réponse non renforcée. En enregistrant la fréquence de deux
réponses dans le même organisme, on peut observer une indépendance
surprenante dans leurs variations de fréquence si les réponses impliquent des
muscles différents.
Cela peut être observé dans les expériences sur les pigeons, la picoration
et la flexion des pattes peuvent être analysées séparément ou simultanément. Une
autre expérience appropriée consiste à tenir un pigeon, à laisser une patte libre et
à étudier séparément la réponse au picorage et à la flexion des pattes. Lorsque ces
réponses ont été conditionnées puis éteintes, on peut observer qu'elles se
produisent simultanément, avec seulement un léger retard dans l'un des
processus. Cela suggère que la montée et la descente de la frustration constituent
un processus unifié à l'échelle de l'organisme, tandis que la trajectoire d'extinction
est déterminée séparément pour chaque réponse.
Un parallèle peut être établi avec le comportement sexuel : une personne
qui présente un comportement sexuel minimal peut être excitée par des
conversations, des photographies, des gestes et d'autres stimuli. Dans ce cas, il
n'est pas exact de dire que votre libido s'est intensifiée ; au contraire, votre
comportement sexuel est devenu plus intense en raison de stimuli propices à ce
type de comportement (Desjardins et al., 2014).
105
Il est possible qu'une procédure ait deux effets qui modifient la probabilité
d'un comportement dans la même direction. Par exemple, lorsqu'une réponse a
été constamment renforcée par de la nourriture et cesse soudainement de l'être, la
probabilité de cette réponse diminue et surviennent des changements
émotionnels, caractéristiques de la frustration. Puisque la frustration affaiblit tout
comportement renforcé par la nourriture, les premières réponses au cours du
processus d'extinction diminueront en fréquence pour deux raisons.
Premièrement, très peu de réponses seront données, ce qui entraînera très
peu de réponses non renforcées. Deuxièmement, l'effet émotionnel persiste, ce qui
fait que la fréquence augmente temporairement avant de diminuer à nouveau, les
réponses suivantes se poursuivant sans renforcement. Cela conduit à un motif
oscillant sur la courbe d'extinction.
4.6 Causes multiples
Une application importante de ce principe consiste à combiner un stimulus
discriminatif avec un autre de même nature ou avec d'autres variables. Cette
combinaison produit plusieurs effets. Certains de ces effets sont communément
appelés « suggestions », tandis que d'autres sont associés à des « techniques
projectives », et un troisième groupe est significatif dans le domaine de la
perception. Le comportement verbal fournit d'excellents exemples de ce
phénomène. Il est très probable qu'une seule réponse verbale soit influencée par
plusieurs variables, puisqu'elle peut relever de plusieurs répertoires. De plus, les
variables émotionnelles sont souvent entremêlées avec des variables liées à la
motivation et au conditionnement.
106
Contrairement à la croyance populaire, il n'existe pas d'opposition
inhérente entre le comportement intellectuel et les émotions de l'opérant
discriminant. En fait, le comportement tend à être plus robuste et efficace lorsqu'il
y a un alignement entre la prédisposition émotionnelle et les contingences de
renforcement. Cela peut être observé lorsque les individus mettent leur cœur dans
leur travail, « cœur » renvoie aux variables émotionnelles et « travail » aux
contingences de renforcement.
Cependant, les personnes qui manifestent un comportement agressif
intense excellent dans certaines professions, comme les opérations militaires ou
policières. Une actrice qui doit frapper physiquement une autre personne peut le
faire avec davantage de force lorsqu'elle est également en colère pour des raisons
indépendantes de sa volonté.
En revanche, les personnes à la nature compatissante ont tendance à être
particulièrement efficaces dans des rôles qui impliquent d'aider les autres. Un
autre aspect d'une grande importance est l'interaction entre variables
indépendantes : il est possible de combiner deux ou plus de procédures pour
produire un effet commun. Nous avons déjà commenté certains exemples de ce
phénomène. Lorsqu'un opérant est renforcé de plusieurs façons, il est influencé
par plusieurs états de privation ; une réponse conditionnée de cette manière est
non seulement plus susceptible d'être intense à un moment donné en raison de la
prévalence d'au moins un état de privation, mais a aussi une probabilité plus
élevée d'être émise lorsque plusieurs états de privation se produisent.
Les privations sont présentes simultanément. De même, si plusieurs
renforts sont appliqués directement à un seul opérant, un résultat similaire est
107
obtenu. Ce principe se manifeste lorsque les gens sont encouragés à assister à une
réunion en offrant des rafraîchissements. Bien qu'une personne ne puisse pas
venir uniquement pour boire un verre ou uniquement pour participer à la réunion,
la combinaison de ces deux motivations accroît la probabilité qu'elle soit présente.
Dans le domaine du comportement verbal, il existe plusieurs façons
d'obtenir une réponse. Une forme de réponse est simplement le comportement
imitatif ou onomatopéique, dans lequel le stimulus verbal et la réponse ont une
structure similaire (Ehrlich, 1969). Par exemple, quand quelqu'un prononce le mot
'maison', la réponse est généralement de le répéter. « Ce type de réponse est
contrôlé par un stimulus verbal. Une part importante du comportement verbal est
influencée par les stimuli non verbaux.
Lorsque nous nommons ou décrivons des objets et leurs propriétés, nos
réponses verbales sont guidées par les caractéristiques de ces éléments. Par
exemple, lorsque nous voyons une maison authentique, nous sommes
susceptibles de répondre par « maison ». Ces réponses ne sont pas uniquement
déterminées par des stimuli verbaux, mais aussi par des facteurs motivants et
émotionnels. Par conséquent, une seule réponse verbale est généralement sous le
contrôle de plusieurs variables simultanément.
La détermination multiple du comportement verbal joue un rôle important
dans l'humour. Une réponse spirituelle diffère d'une réponse drôle, simple et sans
réfléchir, car le locuteur parvient à exploiter les différentes sources d'intensité et à
les mettre en valeur grâce à une élaboration appropriée. Pour illustrer cela,
considérez un article de journal sur un congrès de dentistes qui défend certaines
lois « avec leurs dents » qui profitent à leur profession.
108
Les circonstances dans lesquelles ce paragraphe a été rédigé auraient pu
donner lieu à des réponses alternatives, telles que « défendre vigoureusement les
lois appropriées » ou « plaidoyer passionnément en faveur de leurs intérêts ».
Cependant, la réponse « avec des dents » est probablement née de l'accent mis sur
le mot « dent » et de l'influence de multiples facteurs.
De même, lorsqu'un écrivain mentionne quelqu'un qui est allé en Chine
pour chasser les pandas et affirme que ses plans n'ont pas « bien fonctionné », cette
expression prime sur d'autres réponses possibles, telles que « réussi », « a bien fini
» ou « a réussi ». L'intensité des variables associées au mot « panda » a
probablement influencé la réponse retenue.
Dans l'étude du comportement verbal, il est courant de trouver des
situations plusieurs variables de stimulus contribuent au sens d'une réponse.
Cependant, le terme « sens multiple » a un champ d'application limité, car il ne
prend pas en compte les contributions d'intensité de variables qui ne sont pas
traditionnellement considérées comme relevant du sens de la réponse. Par
exemple, lorsque nous répondons par un mot onomatopéique ou par une réponse
textuelle à un mot imprimé, d'autres facteurs entrent en jeu.
Parfois, le comportement verbal peut être altéré par ce type de
détermination multiple. Bien que nous puissions expliquer de manière plausible
les variables contributives, le langage lui-même ne produit pas toujours l'effet
souhaité. Par exemple, il y a de nombreuses années, une jeune femme a été invitée
à prendre la parole lors d'un dîner en faveur de l'abrogation de la Prohibition.
C'était la première fois qu'elle parlait en public, et elle se sentait extrêmement mal
à l'aise. Alors qu'elle prenait la parole pour présenter sa position, quelqu'un plaça
109
un micro devant elle. C'était un instrument qu'elle ignorait, qui modifiait le cours
de sa parole. De même, tout comportement verbal prolongé établit de fortes
prédispositions à formuler des réponses.
Nos capacités imitatives et onomatopéiques donnent naissance à des rimes,
des rythmes, des assonances et des allitérations, qui peuvent se manifester par un
fredonnement agaçant ou, dans un scénario parallèle à l'humour, être transformés
en poésie. Le matériel verbal que nous avons mémorisé et nos habitudes d'usage
des mots créent des tendances interverbales qui introduisent des intensités
supplémentaires. Les écrivains tirent parti de ce phénomène lorsqu'ils écrivent un
poème ou élaborent un argument persuasif. En générant de multiples tendances
chez le lecteur, ils le prédisposent effectivement à « faire écho » au mot rimé d’un
poème ou à s’accrocher au mot-clé d’un débat.
Il est important de noter que tout comportement verbal prolongé est
influencé par plusieurs facteurs. Lorsqu'un individu commence à parler ou à
écrire, il ou elle déclenche un ensemble complexe de stimuli qui affectent
l'intensité d'autres réponses de son répertoire. Résister à ces sources
supplémentaires d'intensité est pratiquement impossible (Nuttin, 1996). Pour
illustrer, considérons la tâche consistant à mémoriser une série de nombres
aléatoires. Diverses séquences de nombres sont renforcées à mesure que nous
apprenons à compter à différents intervalles, à réciter la table des multiplications
ou à nous souvenir des numéros de téléphone.
Par conséquent, lorsque nous nous souvenons d'un nombre, les chances
que le suivant apparaisse sont modifiées. En conséquence, les derniers termes
d'une longue séquence sont fortement influencés par les stimuli précédents. À ce
110
stade, nous allons nous concentrer uniquement sur les nombreuses origines de
l'élément comique, plutôt que sur la blague dans son ensemble. Prenons l'anecdote
de Dean Briggs à Harvard : il a prononcer un discours lors d'un dîner, alors
que la journée était brûlante.
Malheureusement, les chaises avaient récemment été vernies et, quand il se leva
pour parler, sa veste s'accrocha à l'une d'elles. Cela provoqua des rires dans le
public alors qu'il luttait pour se libérer. Finalement, lorsqu'il put s'adresser à la
foule, il déclara habilement : « J'espérais vous divertir ce soir avec une histoire sans
ornement, mais malheureusement, les circonstances m'empêchent de réaliser
pleinement mes souhaits. En construisant cette phrase, le doyen a efficacement
communiqué toutes les causes multiples de sa situation, ce qui a renforcé l'effet
comique.
4.7 L'utilisation pratique de la causalité multiple
La femme se sentit à la fois familière et effrayée devant le public. Dans un
acte de vulnérabilité, il a reconnu son manque d'expérience et a exprimé son
malaise. Elle a mentionné être dans un speakeasy, ce qui a surpris à la fois elle et
le public. Cette mention peut être attribuée à plusieurs facteurs : la nécessité de
discuter des conséquences négatives des speakeasies, l'anxiété du locuteur
lorsqu'il parle en public, ainsi que le rôle du microphone en tant que facilitateur
de la communication (Jaussi, 2022). Le microphone, en particulier, permet une
communication facile et sans effort entre de nombreuses personnes.
Il est possible que le stimulus du microphone ait provoqué des effets
émotionnels similaires à ceux observés avec les stimuli aversifs, comme dans un
détecteur de mensonges. Nous ne suggérons pas que la réponse au microphone
111
ait tendance à être supprimée. Au contraire, toute réaction qui le déplacerait serait
intensifiée par la force dominante qu'il exerçait. En conséquence, cette force
provoqua une explosion de discours.
Malgré cela, les origines de cette force étaient si évidentes que la réponse
globale fut considérée comme une démonstration d'intelligence. Une autre forme
de distorsion survient lorsque deux types ou plus de réponses similaires sont
renforcés. Dans certains cas, une réponse peut prévaloir en raison de l'intensité
des deux sources, tandis que dans d'autres, une forme combinée peut émerger.
Par exemple, le terme « smog » est la combinaison de « fumée » et « brouillard ».
Certaines de ces distorsions sont suffisamment puissantes pour persister dans le
comportement verbal d'une société, tandis que d'autres ne répondent pas aux
critères requis et disparaissent rapidement.
Les variables complémentaires sont souvent utilisées pour exercer un
contrôle sur le comportement. Un exemple bien connu est le concept de
suggestion, qui consiste à utiliser un stimulus pour améliorer, dans une certaine
mesure, la probabilité d'obtenir une réponse déjà existante. Les suggestions
verbales peuvent être classées selon le type de stimulation complémentaire
utilisée. Dans le cas de l'imitation et des onomatopées, la réponse est renforcée par
un type de stimulation similaire, appelé suggestion formelle.
En revanche, lorsqu'une réponse est renforcée par des stimuli non verbaux
de divers types, on parle de suggestion thématique. Ces suggestions peuvent
encore être catégorisées selon que la réponse est prédéterminée.
112
Cette classification introduit les concepts de notes formelles, de sondes
formelles, de notes thématiques et de sondes thématiques. Les notes formelles
peuvent être comparées aux pratiques théâtrales, un souffleur renforce le
comportement verbal de l'acteur, provoquant une réponse égregante combinée à
son comportement imparfaitement mémorisé. Si l'acteur n'a pas encore
complètement mémorisé son rôle, il suffit de répéter ce qu'il entend du
suffleureur.
Dans ce cas, puisqu'il n'y a qu'une seule source de renfort, celle-ci ne
satisfait pas aux critères d'une note formelle. Lorsque le prompteur fournit le
passage complet, il est difficile de déterminer les origines multiples ; sinon, il y a
au moins deux variables en jeu. La robustesse du matériau appris se traduit par la
fréquence à laquelle l'indication est requise.
Si le passage a bien été mémorisé, une contribution écologique minimale
suffit. Les émissions de puzzle à la radio et à la télévision utilisent une forme
d'incitation formelle cachée, dans laquelle l'animateur aide un candidat en
difficulté à répondre à une question en prononçant un mot similaire à la réponse.
Par exemple, si la réponse est « Washington », l'entrée cachée pourrait contenir le
mot « Wash ».
Une note thématique avec un effet similaire serait une expression contenant
les mots « père du pays ». Lorsque nous adoptons un comportement intraverbal,
comme l'expression « Washington était le père du pays », nous développons une
tendance marquée à dire « Washington » lorsque nous entendons « père du pays
». Cependant, ni la note formelle ni le thème ne seront efficaces si la réponse «
Washington » n'existe pas déjà avec une certaine intensité (Colin, 2020). Si le
113
candidat reçoit simplement la réponse et la répète, cela est considéré comme un
comportement d'écho et, dans ce cas, n'est pas noté. La note thématique est
souvent appelée « suggestion ».
La suggestion consiste toujours à utiliser une variable complémentaire afin
d’augmenter la probabilité d’obtenir une réponse spécifique. Le test formel, qui
complète un comportement verbal inconnu, suit un processus quelque peu
familier. Son importance tient au fait qu'elle révèle également d'autres variables
associées au comportement. Un exemple de cela se trouve dans l'histoire du jeune
ambitieux Dick Whittington qui, découragé par ses échecs à Londres, quitte la
ville. En partant, il entend les cloches de la ville qui lui disent, apparemment : «
Reviens, Whittington, trois fois maire de Londres. »
Il est possible que le stimulus de la cloche ne ressemble que vaguement à
cette réponse, et il est peu probable que quelqu'un d'autre ait entendu le même
message. Cependant, ces mots suscitent de fortes réactions chez l'ambitieux
Whittington, pour qui le compliment onomatopéique fourni par le son des cloches
lui donne la force nécessaire pour les prononcer. Oui, Whittington a vraiment
entendu les cloches, car le seul à avoir parlé était lui. Cet effet a souvent été utilisé
dans la littérature, comme lorsqu'une jeune femme s'enfuit et entend un bruit
similaire à « reviens », ce qui la contraint à revenir.
114
Conclusion
L'une des découvertes les plus profondes de Skinner fut que le schéma
temporel avec lequel les conséquences sont données est aussi important que la
conséquence elle-même. Ses expériences avec la boîte de Skinner (ou opéromètre)
ont permis d'identifier divers programmes de renforcement qui expliquent tout,
de la dévotion à l'étude en passant par la dépendance au jeu (moisissure).
Le façonnage est le processus de renforcement systématique des approches
successives d'un comportement en vue d'un objectif final. Au lieu d'attendre que
l'élève accomplisse parfaitement une tâche complexe, l'enseignant renforce tout
petit progrès dans la bonne direction. Cette technique est fondamentale dans la
pensée de Skinner car elle permet de développer de nouvelles compétences que
l'organisme ne possédait pas initialement dans son répertoire.
Dans le paradigme skinnérien, la relation éducative est transformée.
L'enseignant cesse d'être orateur ou transmetteur de vérités pour devenir un
architecte des contingences. Leur rôle principal est de concevoir l'environnement
de manière à ce que l'apprentissage soit inévitable et gratifiant.
Skinner soutenait que l'enseignant devait disposer d'une formation
scientifique en analyse comportementale. Leur le n'est pas de motiver de
manière vague, mais d'identifier les renforçateurs efficaces pour chaque enfant et
d'organiser son accouchement de manière cohérente. De plus, il doit abandonner
les méthodes aversives qui ne font que susciter un rejet à l'égard de l'école.
115
Contrairement à la critique courante selon laquelle le béhaviorisme
considère l'élève comme une tabula rasa passive, Skinner a préconisé un modèle
où l'élève est au centre de l'activité. Dans l'enseignement programmé, c'est l'élève
qui fixe le rythme et produit les réponses. L'apprentissage résulte de l'interaction
constante du sujet avec le contenu, et non de la simple réception passive des cours.
En conclusion, Skinner ne limitait pas ses idées à la salle de classe. Dans ses
œuvres sociales, il explorait comment une société entière pouvait être organisée
selon des principes béhavioristes. Dans son roman Walden Two (1948), il décrit une
communauté utopique qui a atteint le bonheur et l'harmonie grâce au
renforcement positif et à l'ingénierie sociale, éliminant ainsi le besoin de lois
punitives et de compétition destructrice.
Dans Beyond Freedom and Dignity (1971), Skinner lança sa critique la plus
profonde de la culture occidentale. Il a soutenu que les concepts traditionnels de
liberté et de dignité individuelles sont des obstacles à la survie de l'espèce, car ils
nous empêchent d'accepter que notre comportement soit contrôlé par
l'environnement. Sa proposition n'était pas une tyrannie, mais la conception
consciente des sources de contrôle afin qu'elles soient bénéfiques. Il a soutenu que
refuser d'accepter le contrôle environnemental revient simplement à le laisser
entre les mains de forces aléatoires ou de manipulateurs irresponsables.
Enfin, la pensée éducative de B. F. Skinner représente la transition de la
pédagogie fondée sur l'intuition à une science fondée sur des preuves. Son
insistance sur l'objectivité, la mesure et le respect des lois naturelles du
comportement a laissé une empreinte indélébile sur notre compréhension de
l'apprentissage.
116
Loin d'être un modèle obsolète, ses principes sont aujourd'hui plus
pertinents que jamais dans un monde saturé de technologies numériques qui
rivalisent pour attirer notre attention et façonnent nos décisions quotidiennes.
L'éducation du futur, qu'elle soit par l'intelligence artificielle ou par les systèmes
d'apprentissage adaptatif, continuera de reposer sur les piliers établis par Skinner
: la puissance du retour immédiat, l'importance d'objectifs clairs et, surtout, la
conviction que l'environnement est le facteur déterminant qui peut ouvrir ou
fermer les portes du potentiel humain.
Skinner nous a légué l'outil pour transformer la salle de classe en un espace
la réussite de l'élève ne dépend pas de son « talent » inné, mais de la qualité
des plans de secours que nous concevons pour lui. En fin de compte, sa vision
scientifique de l'éducation est une invitation à assumer la responsabilité collective
de construire un monde où l'apprentissage est un processus renforçant, efficace et
universellement accessible.
117
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Cette édition de « Théories de l'apprentissage : La pensée éducative de Frederick
Skinner sous une perspective scientifique » a été achevée dans la ville de
Colonia del Sacramento, en République orientale de l'Uruguay, le 12
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